Comme je l’avais brièvement évoqué dans mon dernier article, j’ai eu la chance de pouvoir passer 5 jours inoubliables à Montréal, dans le cadre du 19ème Mondial de la Bière, du 4 au 8 juin. Vous imaginez bien – même si je ne suis pas Danois ;-) –  que de me lâcher dans un pareil endroit n’est pas sans conséquence ! C’est donc avec un nombre particulièrement élevé de nouvelles bières que j’ai laissé le mois de juin derrière moi: 143 (dont 100 ayant été dégustées à Montréal).

4 bières de la brasserie d’Andorre, Alpha.

Sur les 14 pays différents du mois, ce n’est pas non plus une surprise de constater l’écrasante domination du Canada avec 69 bières. Suivent loin derrière les USA avec 14 et la Suisse (qui s’accroche in extremis au podium) avec 10. S’il y a eu des invités relativement rares, le Brésil et l’Argentine, c’est surtout l’apparition d’un nouveau pays avec Andorre (mon 155ème) qui mérite d’être souligné. J’en profite pour remercier une nouvelle fois Marcel Vogt pour m’avoir gracieusement ramené 4 bières depuis cette toute nouvelle contrée (au niveau bière s’entend …).

Bien qu’ayant été mise entre parenthèse, il y a tout de même plusieurs choses à dire sur la Suisse.

Trois Dames Sauvageonne

Tout d’abord que j’ai été déçu par les deux spécialités de la brasserie Trois Dames qui ont croisées mon chemin. La Sainte ni Touche, une Pasionaria vieillie en fût de chêne, offre une présence fortement exagérée de boisé avec une forte aigreur et une acidité lactique. Difficile de deviner les origines “Double IPA” qui se cachent dans les profondeurs de cette bière très déséquilibrée. Je n’ai pas été plus convaincu par la Sauvageonne, une bière à fermentation spontanée brassé en 2006 et vieillie également en fût de chêne, qui, elle aussi, offre une aigreur très agressive et une prise de fût trop prononcée. Comme quoi même les amours de longues dates peuvent décevoir …

D’ailleurs, même les brasseries ayant déjà déçu, peuvent continuer à le faire. J’en veux pour preuve la nouvelle bière très modeste – restons poli –  d’Euelbräu (Winterthur), la Frühlingsbier. Si j’attendrai avant de me prononcer clairement sur les inconstants Bâlois de Zur Grünen Amsel, je serai par contre plus positif que certains sur l’offre toute récente d’une IPA de la part d’une brasserie de taille respectable: Unser Bier et leur Aypiey. Je trouve que c’est un pas – certes pas un pas de géant – prometteur dans la direction du nouveau monde de la bière. Il reste à espérer qu’il ne sera pas sans suite.

Mais finalement, la bière suisse m’ayant le plus charmée le mois passé est la Schwarzer-Zapfen des Thurgoviens de Tannzapfenbräu.

La très brutale Ghost Face Killah de la brasserie américaine Twisted Pine

Evidemment, sur 143 bières, vous vous imaginez bien qu’il y a eu quelques flops. Je n’en citerai que deux. Tout d’abord l’imbuvable Munich Blonde des Argentins de Berlina (présents au Mondial de la Bière de Montréal): une bière savonneuse à l’arôme de solvant … Puis surtout l’exécrable Ghost Face Killah de la brasserie américaine Twisted Pine, un présent empoisonné de Josh et Sunshine lors du Mondial de Montréal. Cette bière est un concentré de piments en comparaison duquel le fait de boire du Tabasco à la bouteille fait office d’activité de jardin d’enfants … Je n’en ai pris qu’une goutte et il m’a fallu une bonne demi-heure pour retrouver les sensations de mon palais. Mais bon: il semblerait que certains aiment ça.

Vixnu, une Imperial IPA au pays de la samba.

De bonnes bières – et des très bonnes ! – il y en a eu beaucoup ! Comme il m’est impossible de les passer toutes en revue, je vous encourage à jeter un coup d’oeil sur ma liste de bières récemment dégustées.

Le top du mois a été archi-dominé par les bières que j’ai découvertes à Montréal. Une seule autre bière, l’Amager Evil Twin Russian Roulette, en provenance d’Erzbierschof, est présente dans le top 30 ! D’ailleurs, Erzbierschof’s Toni a déjà manifesté son inquiétude face à  cette situation inhabituelle :-D

Les bières américaines, bien qu’excellentes, n’ont pas atteint le sommet de la liste. Je n’ai pas totalement partagé l’enthousiasme des Ratebeerians pour la New Belgium la Folie (classée 178ème sur ratebeer) et j’ai même trouvé plus de qualité à la Burton Baton de Dogfish Head (14ème du mois). Ducato avec sa Machete (une superbe Double IPA) a conforté sa place de brasserie italienne no 1 dans ma liste, alors que Colorado et sa Vixnu Imperial IPA en a fait de même pour le Brésil.

Vous l’avez sans doute maintenant deviné: le mois a tourné au triomphe pour le Canada. Avec 10 bières placées dans les 13 premières, c’est peu dire !

Échouant au pied du podium, nous trouvons la Charlevoix Dominus Vobiscum Brut, la Dulcis Succubus de la brasserie le Trou du Diable, la Stout Imperiale Russe du légendaire broue-pub le Cheval Blanc ainsi que la Cuda West Coast IPA de Benelux.

Mais toutes ces excellentes bières n’ont rien pu faire pour contrer la fabuleuse brasserie Dieu du Ciel! J’ai du attendre jusqu’en novembre 2009 pour pouvoir goûter enfin une toute première fois à leurs bières, qui ne sont malheureusement toujours pas disponibles en Suisse. C’est donc avec avidité que je me suis jeté sur tous leurs produits disponibles à Montréal, parvenant à en goûter 13 différents. Et je n’ai pas été déçu, loin s’en faut, puisque les cinq meilleures bières du mois proviennent de leur brasserie !

Attention: plaisir en bouteille !

La Baraque est une American Pale Ale généreusement houblonnée, assez sèche avec des notes boisées.

La Revenante est une bière fumée très équilibrée avec de solides notes de chocolat noir.

En troisième position, j’ai placé la Pionnière, une Black IPA fortement houblonnée, titrant à 9% et présentant de belles notes de café et de cerises noires.

La deuxième place revient à l’exubérante Isseki Nicho, une “Imperial Dark Saison” issue d’une collaboration avec les Japonais de Shiga Kogen. Des notes de cerises aigres, de bois, de malts rôtis et de réglisse, le tout porté par une solide amertume, fait de cette bière une expérience unique.

Mais la victoire revient – et largement ! – à la fabuleuse Péché Bourbon, une version vieillie en fût de Bourbon de la déjà incroyablement somptueuse Péché Mortel. Cette bière rare, une Imperial Stout titrant à 9.5%, est d’une complexité et une opulence exceptionnelle. Le boisé se lie aux notes de vanille, de réglisse, de café et de noix, alors que le palais, d’un crémeux incroyable, est porté par une amertume longue et robuste. Divin ! Ou diabolique si vous préférez ;-)

cheers !

Comments
  1. What’s up mates, pleasant piece of writing and pleasant
    arguments commented at this place, I am actually enjoying by
    these.

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