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Et voilà: une nouvelle année s’est écoulée ! Avant de revenir sur les bières qui ont marqué mon année 2011 dans un prochain article, je vais tout d’abord vous parler de mon mois de décembre.

Après un mois de novembre très pragmatique où je me suis (ef)forcé de cibler les bières de ma cave ayant le plus faible potentiel de garde, celui de décembre a été plus désordonné. Et plus jouissif par la même occasion ! 61 bières en provenance de 15 pays ont peuplé mes longues soirées en ce début d’hiver.

Comme la plupart du temps, c’est la Suisse avec 13 nouvelles bières qui vire en tête, suivie par la Belgique et la Suède avec 7 chacune. Notons parmi les autres pays le Pays de Galle avec 4 bières fort respectables de la brasserie Otley, les Etats-Unis avec 5 bières dont l’Ommegang Three Philosophers (ainsi qu’une autre apparaissant dans mon top 3 et sur laquelle je reviendrai plus loin), l’Ecosse avec notamment 2 solides bières de la brasserie Fyne Ales (Maverick et Highlander) et  4 bières anglaises dont l’excellente Barnsley Gold de Acorn, mais aussi le Danemark qui, en plus d’offrir le vainqueur du mois, marque sa présence avec la Kissmeyer No. 7 Honey Porter, brassée sous contract par Fanø, et la Christianshavn Pale Ale des excellents brasseurs d’Amager.

7 bières suèdoises disais-je donc, grâce bien entendu au légendaire Per Forsgren, mon plus ancien et plus fidèle “trader”. A côté de très bonnes bières issues de brasseries confirmées, comme la Stenstrand Sommar Ale de Nynäshamns et la Harvest Ale de Sigtuna, on trouve également la fort plaisante Jädraöl Trädgårdspilsner en provenance de Jädraås (le tout s’écrivant comme ça se prononce … ou peut-être l’inverse).

La Belgique, sur laquelle je jette un regard condescendant depuis quelques années, s’est rappelée à mon bon souvenir: 7 bières toutes de grande qualité, avec à leur tête la Monk’s Stout de Dupont suivie de deux superbes van Viven, la Blond et l’Imperial IPA.

Quant aux 15 bières suisses, 3 d’entre elles trustent malheureusement le fond du classement; j’y reviendrai plus loin. Le reste ? Surtout du moyen, mais aussi quelques très bonnes choses comme la délicieuse Blackout de Degenbier (qui doit regretter l’annulation du concours “Schweizer Bier des Jahres” …), le solide Barley Wine nommé Holzfass-Bier No 2 signé des thurgoviens de Brauhaus Sternen ainsi que la bière de Noël des excellents Sudwerk, la Santa’s Reserve. A noter également la très respectable Ende de Turbinen qui est à ma connaissance pour l’instant la plus grande brasserie du pays à avoir produit une IPA. Même si cela reste en quantité limitée.

Aborder les flops du mois ne permet malheureusement pas de quitter la Suisse … La Zurich Airport, qui n’a de Brown Ale que le nom, est une bière fort pauvre en goût et qui est offerte comme son nom l’indique dans l’aéroport de Zurich/Kloten. Mais elle n’est pas brassée à cet endroit puisqu’elle est produite par les Argoviens de Kündig-Bräu (habitués à faire mieux, soit dit en passant). Même déception de la part des créatifs brasseurs du Brauage du Garage à la Plage avec leur Eilean, une Scottish Ale brassée avec de la bruyère en lieu et place du houblon. Le résultat n’est pour moi pas au rendez-vous. Mais le sommet (ou plutôt le fond) du mois appartient à la Randenbräu Zwickel de la toute nouvelle brasserie Mondlinger Bräu (située à Flurlingen dans le canton de Zurich) avec une bière totallement immature, trop carbonique et présentant des notes désagréables de légumes.

Nous voici donc finalement arrivé au podium du mois avec un trio représentant parfaitement les pays se trouvant actuellement au sommet de la planète Bière. Par contre, et de manière étonnante, aucune trace ce mois-ci des styles les plus en vogue, tels IPA, Imperial Stout ou autres Sour Ale. Mais reprenons dans l’ordre.

La Temporis de la brasserie italienne Croce di Malto (dans la ville de Trecate au nord du pays) est une bière produite notamment à partir d’herbes et d’épices. Elle développe un arôme très floral et une forte présence en bouche, une respectable amertume ainsi que de longues notes fruitées et épicées dans l’arrière-goût. Elle titre à 6,8% et est superbement équilibrée.

L’excellente brasserie Short’s de Bellaire dans le Michigan frappe à nouveau très fort avec leur impressionnante Sustenance Black Beer. Cette Schwarzbier (si si, c’est une fermentation basse) présente un équilibre fascinant entre son fort houblonnage, ses malts rôtis partant sur le café et un corps bien plus robuste que ne pourrait le laisser supposer ses 6% d’alcool. Une bière qui se laisserait boire par litres !

Les danois et “client brewers” notoires d’Evil Twin sont de retour dans mon palmarès, cette fois-ci sur la plus haute marche du podium, avec une bière dont le nom à lui seul est déjà tout un programme: Soft Xmas aka Pretty Please With A Cherry On Top. Cette bière est une Stout impériale titrant à 10,9% et brassée avec de la vanille et des griottes par la brasserie Amager. On pourrait la classer comme Imperial Stout (ce qui contradirait mon affirmation d’il y a trois chapitres …), mais je rejoins volontiers la décision de Ratebeer de la déclarer comme bière aux fruits, tant l’ajout de cerise à de l’influence sur cette bière. La première gorgée est franchement surprenante tant les composantes de ce breuvage semblent partir dans différentes directions et à cet instant la confusion règne quant à savoir si on va aimer cette bière ou pas. Mais cette période ne dure pas et bien vite, comme par enchantement, les diverses caractéristiques  se rejoignent pour offrir un profil certes inhabituel, mais surtout complexe, robuste et extrèmement plaisant. Une merveille dangereusement buvable, surtout avec un tel degré d’alcool.

cheers !

Traditionnellement, le mois d’avril est pour moi une période faste.

En effet, c’est alors que se déroulent les maintenant traditionnels «Solothurner Biertage» (sur lesquels je reviendrai en détail une autre fois), donc l’occasion parfaite de goûter une quinzaine de nouvelles bières suisses, mais aussi d’échanger ou de partager quelques raretés entre amis.
Toutefois, et contrairement à l’année passée, mon podium du mois ne contient aucune bière dégustée lors de ce festival. Seules quatre bières de la brasserie Haldemann sont sorties du lot de manière très positives, à savoir les robustes Osterbock 2011, Schwarzbier, Pale Ale et das Böhmische.

Sur l’autre rive par contre, celle qui vous fait parfois regretter d’avoir décidé de goûter toutes les bières passant à votre portée, les nominés issus des «Solothurner Biertage» sont malheureusement (mais sans surprise) plus nombreux. On peut y retrouver l’habituelle dernière monstrueuse création de la brasserie Fahrtwind (anciennement Mobile-Bräu), une bière outrageusement boostée au caramel , la fade et insignifiante Honigbier de Hardeggerperle (pourtant capable de mieux faire) et la douteuse Knüxx Bozen. Mais dans la catégorie des flops, la mention spéciale est attribuée aux soleurois de Buechibärgerbier pour l’ensemble de leur œuvre …

Si 19 des 72 nouvelles bières testées ce mois-ci l’ont été lors du festival soleurois, la majorité des autres provenaient de divers échanges effectués en Suisse et avec la Finlande. La moitié a donc été constituée de bières suisses et la qualité de celles-ci a été comme d’habitude : fluctuante. Les fort mauvaises Rolpibrau Winter (infectée ?) ou autres Gletscher Bräu (brassée très vraisemblablement par Ramseier) ont pu être compensées par des bières telle la Patrona Sint Su Belge des Schaffhousois de Brauage du Garage à la Plage (ce nom n’arrête pas de me surprendre …) ainsi que la superbe Degenbier Cobra Spezial, la méritoire « Schweizer Bier des Jahres 2011 » (là aussi, j’y reviendrai une autre fois).

13 pays se sont partagés mes verres à bière lors ce mois d’avril, parmi lesquels des hôtes inhabituels tels le Chili (avec la satisfaisante Szot Pilsener) et le Kazakhstan dont l’imbuvable Shakhterskoe Sirasi de la brasserie Efes Karaganda m’a prouvée que la légendaire incapacité brassicole de l’époque soviétique a bel et bien survécu …

Un mot final sur mon trio vainqueur de ce mois. Il devient habituel d’y trouver une bière des États-Unis et ceci en grande partie grâce à l’excellent « Bierladen » Erzbierschof. Pas d’exception donc cette fois-ci avec la 3ème place de la Red Barn Ale de la brasserie californienne Lost Abbey, une bière de type « Saison » alliant les brettanomyces à diverses épices, tels le poivre noir, le gingembre et la graine du paradis. En 2ème position on retrouve ma seule bière belge dégustée ce mois-ci, l’excellente et solide (10%) Corne du Bois des Pendus Triple de la brasserie Ébly, située dans la petite localité du même nom. Quant au vainqueur du mois, il provient de la brasserie néerlandaise De Molen, également habituée à figurer dams mes classements. La somptueuse Kopi Loewak, une stout impériale titrant à 9.5% est faite avec du café kopi luwak, produit principalement en Indonésie et étant l’un des plus chers du monde (environ 1’000 $ le kilo).  Le résultat est une bière au nez certes dominé par le café mais fort complexe tout de même avec un corps robuste et une amertume qui l’est tout autant. Un vrai nectar !

Vous pouvez retrouver ici toutes mes bières du mois depuis février 1997. Bonne chance …