Posts Tagged ‘Baird’

bb_ab_bLe dernier mois de l’année est devenu traditionnellement – mais involontairement – pour moi synonyme de relâchement concernant le nombre de bières dégustées. Les raisons en sont diverses et pas toujours objectives: lassitude, fêtes de fin d’année et leurs lot d’apéros, rhume et refroidissement récurrent à cette période … bref. Quoi qu’il en soit, je me suis contenté de 52 nouvelles bières en provenance de 13 pays différents. Mais j’ai toutefois gardé un oeil attentif sur le compteur annuel afin d’être sûr de dépasser – pour la première fois ! – les 1’000 bières nouvelles en une année (faut pas déconner non plus ;-)). Je reviendrai sur cela et sur bien d’autres choses dans mon prochain article d’ici la fin du mois.

Restons pour l’instant sur ce mois de décembre 2013, un mois qui aura été dominé par les USA. Tout d’abord au nombre de bières avec 22 représentants – loin devant la Suisse (11) et la Belgique (4) – puis au niveau du podium avec les deux premières places (je garde cela bien sûr pour la fin). Deux pays assez rares sont à noter: les Îles Féroé avec la très mauvaise Classic de la brasserie Föroya Bjór et le Japon (qui cache semble-t-il de nombreux trésors brassicoles malheureusement fort peu diffusés hors du pays) avec trois bières très intéressantes de la brasserie Baird. La Angry Boy Brown Ale et la Teikoku IPA sont fort respectables, tandis que la Rising Sun Pale Ale est tout de même un peu en deçà. logo_braukulturConstatation intéressante: toutes les bières de cette brasserie sont caractérisées par leur goût (plus ou moins marqué) d’umami. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ou peu ce 5ème goût au nom d’origine japonaise (on n’en sort pas), l’ami Wikipedia répondra à toutes vos questions.

Venons-en maintenant aux bières helvétiques parmi lesquelles j’ai pu découvrir les produits de deux nouvelles brasseries. Les Schaffhousois de Burggütli-Bräu ne m’ont de loin pas convaincu avec leur §111 Festbier Amber Naturtrüb: trop doux avec des notes de sucre candi, de confiture de fruit, trop gazéifié et légèrement aigre. Un résultat qu’on ne peut même pas excuser sous prétexte d’un manque d’expérience, puisque cette brasserie a été ouverte en 2002. En résumé: ne cherchez pas la pire bière du mois: nous venons d’en parler …

hueslerbraeuLa seconde brasserie n’est en fait pas tout à fait nouvelle pour moi puisqu’il s’agit de la brasserie Uster. Mais laquelle me direz-vous ? En effet, la situation dans cette ville de plus de 30’000 habitants est – ou tout du moins a été – assez confuse. Trente années après la fermeture de l’ancienne Brauerei Uster, deux brasseries ont vu le jour en 2007: Hüslerbräu (numéro de registre 242) et Hofmolkerei Birkenhof (numéro 286), toutes les deux avec des productions anecdotiques de moins de 50 hectolitres annuels. Hüslerbräu a assez rapidement modifié son nom en Brauerei Uster (registre du commerce, janvier 2009). Début 2008 apparaît alors Braukultur AG, une entreprise affichant d’entrée l’ambition de produire quelques milliers d’hectolitres. Pour arriver rapidement – et sans trop de frais – à leur fin, ils font brasser leurs marques (Goldküstenbräu et Oberländerbräu, dont l’histoire de la première nommée mériterait un article à elle seule) par les Bernois d’Aare Bier, dont la surcapacité initiale en fait le “contract brewer” par excellence. Les bières sont alors vendues comme produit local, alors que ce sont en fait les produits existants d’Aare Bier avec d’autres étiquettes. En avril 2009, Brauerei Uster et Braukultur AG font un joint venture aboutissant sur la production (par Aare Bier bien sûr) de l’Usterbräu Export. une bière qui – si l’on en croit les rumeurs – consistait en un mélange de la Bier-Bienne 1 et d’une bière de la gamme Aare Bier. Une méthode tranquille pour créer de nouvelles recettes … IMG_2263[1]Bref, qu’en est-il actuellement ? Hofmolkerei Birkenhof, bien que toujours enregistrée comme brasserie, pourrait fort bien avoir posé les plaques (une homepage qui ne répond plus n’est jamais bon signe). Brauerei Uster semble fort inactif également, la dernière news datant de fin 2009 … (actualisation 31.1.2014: cette brasserie a déposé les armes en automne 2013; voir aussi http://www.zol.ch/bezirk-uster/uster/Katerstimmung-Usterbraeu-gibts-nicht-mehr/story/23026325) Quant à Braukultur AG , ils ont démarré leur propre brasserie (avec leurs propres recettes) en avril 2012 et ont changé officiellement leur nom en Brauerei Uster Braukultur AG (une nuance qui évite bien sûr tout malentendu ;-)). Avec une production annuelle de 2’250 hl, ils ont relégué de facto leurs deux “concurrents” aux oubliettes et ceci indépendamment du statut peu clair de ceux-ci. Tout ce petit historique pour vous préciser que ce sont les nouveaux produits de “Brauerei Uster Braukultur AG” que j’ai enfin pu goûter le mois passé. Vous voulez savoir comment je les trouve ? L’Usterbräu Original est une pilsner plutôt bonne, mais je lui préfère – n’en déplaise à “Erzbierschof Toni” –  l’Oberländerbräu Spezial Amber. Quant à l’Oberländerbräu Original Hell, je la trouve plutôt médiocre et insignifiante. A noter qu’ils produisent encore deux autres bières que je ne connais pas encore.

IMG_2258[1]Quant aux autres bières suisses du mois, j’ai bien apprécié la UHB Cherry Ale, l’Octopus-Bräu Vital***** et la Cow Water Country. J’émets par contre quelques réserves sur les bières de la brasserie du Château à Lausanne, particulièrement sur la Rousse aux oranges amères et mandarines.

Si le nombre de bières est resté modeste, le niveau de la qualité a été très réjouissant. Voici quelques-unes des perles du mois (je vous rappelle qu’en cliquant sur le lien, vous accéderez à mes commentaires sur ratebeer):

Pour finir, voici le podium du mois !

La troisième place revient à l’excellente Hr. Papsø in Black des Danois d’Amager, une black IPA brassée pour célébrer les 25’000 bières et 25 ans de “beer hunting” du fameux Danois Henrik Papsø et son retrait (provisoire ?) en tant que “beer rater”.

Quant aux deux premières places , elles reviennent non seulement à des bières états-uniennes – comme je l’ai signalé en début d’article – mais également à deux Imperial Stout, un style souvent capable de parler à mon cœur d’amateur de bière. Il s’agit tout d’abord (2ème) de la Dark Hollow Chocolate & Coffee Aged de la brasserie Blue Mountain (Virginie), une bière titrant à 10%, brassée avec des fèves de cacao et du café et vieillie en fûts de Bourbon.  Et finalement, la victoire revient à la Mexican Cake Imperial Stout de Westbrook (Caroline du Sud), un pur bijou de complexité, de structure parfaite et de puissance (10.5%), brassée notamment avec du cacao, de la vanille, de la cannelle et des piments habanero. J’en salive rien que d’y repenser …

cheers !

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Titanbräu, la brasserie de Saint-Marin

La publication de mon dernier billet mensuel en allemand m’a valu un nombre réjouissant de remerciements de la part de mes lecteurs germanophones. Et quelques remarques inquiètes de romands … Tout cela pour vous dire d’une part, qu’il est très agréable de se savoir lu et d’autre part qu’il est difficile de contenter tout le monde.

Bref, revenons à nos moutons – ou plutôt à nos houblons. Si le mois d’octobre s’est situé en-deçà de la moyenne annuelle au regard du nombre de bières (et de la qualité probablement aussi), il a toutefois été plus qu’honorable avec tout de même 79 nouveaux spécimens en provenance de 15 pays.

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Alpha Pilsener, une bière d’Andorre

La Suisse pointe comme à l’habitude en tête avec 18 représentants, suivie de la Belgique et des États-Unis avec 12 chacun. A noter particulièrement un nouveau pays avec Saint-Marin. Enfin … nouveau, pas vraiment: en 2004 déjà, j’avais eu l’occasion de boire des bières de la brasserie Amarcord (appelée alors Spring), mais par la suite, en 2009, cette brasserie a déménagé en Italie (à Apecchio) et même si j’ai personnellement continué à considérer ce pays comme acquis, le trou apparu alors dans mes statistiques sur ratebeer m’a quand même un peu dérangé (on est pointilleux ou on ne l’est pas…). Cette inconsistance a donc été réparée grâce à la bienveillance du légendaire Himmy qui a partagé avec moi deux bières de la brasserie Titanbräu. A l’attention de ceux qui sont – comme moi – féru de détails, je signale que je n’ai pas encore bu une bière de tous les pays d’Europe (du moins selon les critères de ratebeer qui peuvent paraitre assez laxistes sur ce point) puisqu’il me manque encore le Vatican,  la République turque de Chypre du Nord, la République moldave du Dniestr et finalement Guernesey (dont seuls les deux derniers cités produisent de la bière à ce jour).

J’ai pu croiser des bières d’autres pays rares le mois passé avec l’Alpha Pilsener (Andorre), la Baird Mikkeller Fruitful Life Collaboration (Japon) et la Nómada Dead Monk de Ca l’Arenys (Espagne).

J’ai également pu découvrir les produits de 3 nouvelles brasseries suisses: Birra Bozz (Gordola, Tessin), Sennbräu (Buchs, Saint-Gall) et Trois Lacs (Enges, Neuchâtel). Seul les Saint-Gallois ont été convaincants, offrant trois bières de bonne facture dont en particulier la Senn Adams. Quant aux deux autres, j’attendrai de boire leurs autres bières en attente dans ma cave avant de me prononcer plus clairement.

Voici un tour d’horizon des autres bières suisses du mois d’octobre:

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L’excellente Stillwater As Follows brassée chez Two Roads

Comme chaque mois ou presque, j’ai du m’envoyer des trucs – restons poli -pas bons. Pour ceux d’entre-vous se souciant de ma santé (merci à vous) et qui l’ignorerait, je rappellerai que je ne fini en aucun cas une bière qui ne me plait pas. Il est même rare que je boive en entier une bière n’atteignant pas la moyenne (qui, soit dit en passant, se situe actuellement vers les 12.5 sur 20 ou 3.1 sur 5 sur l’échelle de ratebeer). Je ne connais d’ailleurs pas de “beer rater” se fixant des règles concernant une consommation minimum d’un produit, chose que l’on peut par contre trouver chez les “beer tickers”. Or donc, je parlais de truc douteux et c’est la Biker Cool de Fürst Wallerstein qui remporte la palme avec un horrible mélange bière-limonade citron dont les allemands sont spécialistes et que les guignols du marketing persistent à vouloir qualifier de rafraichissant. Cette exécrable mixture laisse derrière elle de solides concurrents telles la Sundsporter des Suédois d’Helsingborgs (un festival de cuivre et de métal) et la Beck’s Asia, un mélange écoeurant de bière, grapefruit et gingembre (par chance une version limitée).

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Jolly Pumpkin fidèle à sa réputation avec la Weizen Bam

What about good beers me direz-vous ? Pas de panique, il y en a eu ! Tout d’abord, un joli tir groupé états-uniens avec Kuhnhenn Aldebaran, Jolly Pumpkin Weizen Bam, Jester King Salt Lick (Censored), Short’s the Woodmaster et Two Roads Stillwater As Follows (toutes obtenues chez Erzbierschof pour ceux que ça intéressent). Puis une bière italienne, Stradaregina Pin Hop, une néerlandaise, the Perfect Crime Smoking Gun de la brasserie Schelde ainsi qu’une présence habituelle belgo-danoise (De Proef Mikkeller Walk on Water et De Proef To Øl Black Porter) et une moins commune belgo-japonaise avec OWA Sakura Lambic. La brasserie OWA a été créée en 2007 par Leo Imai, un chimiste/brasseur japonais qui a roulé sa bosse entre la brasserie Kirin, une université écossaise et une brasserie bavaroise avant de fonder sa compagnie à Bruxelles, à deux kilomètres du fameux Moeder Lambic. Son objectif est une fusion culinaire entre la Belgique et le Japon, il s’applique donc à concevoir des bières se mariant parfaitement à la cuisine de son pays d’origine. Je dis concevoir, car il ne semble pas avoir de lieu de production (merci de me contredire si vous en savez plus) et travaille en collaboration avec d’autres brasseries. La Sakura Lambic précitée provient probablement de chez Timmermans (vous remarquerez grâce à l’adverbe “probablement” que la transparence dont je déplore souvent le manque en Suisse, n’est pas forcément présente chez les Belges non plus, loin s’en faut d’ailleurs).

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Dégustation belge chez Erzbierschof: Bzart (Oud Beersel), OWA et XXX de De Ranke

Aborder le podium me permet de rebondir directement sur la brasserie (ou plutôt la compagnie) OWA puisqu’une autre de leurs bières a fait particulièrement fort le mois passé en obtenant la deuxième place. J’ai nommé la Ume Lambic, produite chez De Troch. Le Ume est un abricotier du Japon produisant des fruits particulièrement aigres et acides et qui se combinent merveilleusement à un lambic.

Deux bières se partagent la troisième place dont la meilleure bière suisse du mois, la délicieuse Dark Ale de Reinecke Bräu. Quel dommage que Beat ne brasse pas plus ! Son compagnon pour la médaille de bronze est une nouvelle bière du tandem explosif De Proef/Mikkeller qui pour l’occasion a constitué un trio avec les états-uniens de Three Floyds pour concocter la Boogoop, un barley wine arborant fièrement ses 10.4% d’alcool et ses 80 IBU. Âmes sensibles s’abstenir.FFF_BooGoopLabel_mikk82

La victoire du mois revient à mon style de prédilection avec la puissante Stone Espresso Imperial Russian Stout, un véritable feu d’artifice de café et de chocolat enrobé d’une amertume à damner un saint (enfin, peut-être pas, mais un amateur de bière, oui !).

cheers !

IMG_2079[1]L’année continue sur un rythme d’enfer avec un mois d’août joyeusement composé de 93 nouvelles bières. 2013 sera donc – je touche quand même du bois, une luxation des papilles gustatives est si vite arrivée … – la 8ème année consécutive durant laquelle j’aurai dégusté plus de nouvelles bières que l’année précédente. Et peut-être aussi la première avec un total de 1000 …

Sur les 11 pays différents rencontrés le mois passé, la Suisse écrase tout sur son passage avec une armada de 51 bières ! Elle laisse la Belgique loin derrière avec 17 (dont 15 de chez De Proef) et la Suède avec 10. Parmi les pays relativement rares, je citerai l’Autriche avec la (bonne) Benno Trappistenbier de Stift Engelszell et le Japon avec la CBC Celebration Ale de Baird (une bonne bière, mais un peu gentille pour une soi-disant Imperial IPA).

J’ai eu à nouveau la chance de découvrir 4 nouvelles brasseries suisses. Celle qui m’a laissé la meilleure impression est la brasserie des 5 Quatre Mille (Zinal) où qualité et créativité sont au rendez-vous. Très bonne également la seule bière que j’ai eu de Bodensee, la Winterblues Medizinalbräu. Ce n’est pas une surprise puisque le brasseur, Stefan Gysel, a sévi brillamment pendant quelques années chez les excellents Beste. Les Soleurois de Guldibräu se situent un peu en deçà des deux brasseries précitées mais toutefois au-dessus de la moyenne suisse. A noter avant tout l’intéressante Obscura, une bière à la vanille. Puis, finalement la brasserie l’Éphémère avec une bière plutôt douteuse – la Cellule Grise – qui me donne déjà des soucis en pensant aux 3 autres de leurs bières qui attendent dans ma cave …IMG_2089[1]

Voici en vrac quelques réflexions non-exhaustives (mais pas loin) sur les autres bières suisses dégustées le mois passé. Il y a eu:

IMG_2081Si la Cardinal Absinth a remporté haut la main le titre de plus mauvaise bière du mois, il y a eu toutefois un certain nombre de concurrents sérieux. Je pense surtout à la Gordon Finest Titanium de John Martin – un tord-boyaux qui donne une nouvelle dimension à l’adjectif “finest” – mais aussi la médiocre Esprit de la Province de la brasserie du Trio ou la fort décevante Pastrami on Rye de Pipeworks (une soupe d’épices difficilement buvable).

Heureusement, les bonnes bières ont été légion ! Voici tout d’abord celles qui ont échoué de peu au pied du podium: Toccalmatto Grand Cru (Italie), Renaissance 8 Wired SuperConductor (Nouvelle-Zélande), deux bières de De Proef – évidemment – la Mikkeller Hop Series Citra et la Mikkeller Stella 4 (une Imperial Milk Stout assez impressionnante), deux américaines avec la Froggy Style Wheat Porter de Pipeworks et la Goodnight Bodacious de Short’s, puis finalement trois bières suédoises: Sigtuna Equilibrium, Eskilstuna Black IPA et Ängö Bistra Årens Cikoriaporter.

IMG_2063[1]Parmi les trois premières bières du mois, nous retrouvons deux connaissances. Tout d’abord le tandem De Proef/Mikkeller – encore eux – 3ème avec la Spontancherry Frederiksdal, un lambic à la cerise de belle facture. S’intercalant entre nos habitués, nous trouvons une Carlsberg ! Mais bien sûr pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la Carnegie Porter Special 75th Anniversary. Ce Porter légendaire, disponible en deux versions – 3.5% et 5.5% – a été ici joyeusement revisité avec notamment un taux d’alcool boosté à 8.8% et un conditionnement en fûts à bourbon. Le résultat est un vrai régal, certes, mais insuffisant pour battre l’indétrônable Storm&Anchor et sa Black Powder, une Stout Impériale dopée aux piments et au cacao. Franchement, je vais faire une pause avec les bières de Tom afin de laisser une chance aux autres … Et en considérant mon programme du mois de septembre – Mondial de la Bière de Mulhouse et Unterländer Biertage – ça va se bousculer au portillon …

cheers !