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Ni l’été et la chaleur qui perdurent, ni de légers soucis de santé n’ont pu vraiment freiner mon élan et mon enthousiasme de dégustateur. Il faut dire qu’il y en a des bonnes choses planquées dans ma cave !

Les 55 bières au programme du mois passé comptaient des porte-paroles de 15 pays différents. La Suède – avec 10 – a tenté sans succès de détrôner la Suisse, qui avec 15 bières est une fois de plus le pays le plus représenté. Viennent ensuite les Pays-Bas avec 5 bières – mais quelles bières ! j’y reviendrai plus tard.

Il vaut la peine de s’attarder un instant sur la Suède. Ce pays, qui vit parfois dans l’ombre de son exubérant et néanmoins excellent voisin danois, me semble trop souvent sous-estimé. Grâce à mes échanges réguliers depuis 16 ans avec le légendaire chasseur de bières Per Forsgren, j’ai la chance d’avoir – avec 305 bières – une vue d’ensemble plus que respectable de ce pays. La Suède possède avec des brasseries telles Närke (14ème dans mon classement personnel des brasseries), Nynäshamns ou Jämtlands des représentants de classe mondiale. Et ils ne sont de loin pas seuls, comme me l’ont confirmé le mois passé des bières comme Jädraås Jädra Jul, Kalle Blot, Lunda Piraten, Oppigårds Ekporter 2011, S:T Eriks India Pale Ale ou Train Station The Hoppy One. Ce n’est donc pas une surprise si la Suède pointe à la 6ème place de mon classement des pays.

Quid de la Suisse ?

Pas de nouvelle brasserie – ce n’est pas Noël tous les mois – et pas de mauvaises bières non plus – bon, la bière aux abricots des Divins Brasseurs était certes un peu à la limite … Donc  quoi ? Et bien surtout des confirmations. Tout d’abord que les bières de Danidrinks sont intéressantes (j’ai bu récemment la Lager 34 et la Black Mexican), donc si vous faites un tour à Berne, arrêtez-vous donc au bistrot Casa Marcello. Ensuite que la Brasserie de la Côte, bien que présentant toujours des bières de valeurs supérieures à la moyenne, semble toujours être en froid avec les houblons. Mais n’hésitez pas à essayer Le Trou Noir si vous la croisez. Autre confirmation, celle de l’excellence de Freddy Haldemann dont j’ai pu goûter 3 nouvelles versions de ses Darach Mòr,bières vieillies en fûts à whisky. Puis finalement la nouvelle bière de Sudwerk, la Liberator, une très bonne création venant compléter une gamme fort intéressante.

Il y a eu des horreurs de très haut niveau lors de ce mois d’août. Si la Valentins Weissbier Dunkel peut être juste poliment qualifiée de mauvaise, cet adjectif ne suffit largement plus pour décrire les deux bières suivantes, dont je n’ai pas réussi à déterminer laquelle était la pire. La Bofferding Lager Pils – une bière luxembourgeoise, fait rare – est un mélange de dissolvant et d’aspartam avec une texture huileuse et collante. N’imaginez même pas un instant finir votre verre ! La seconde, la Meteor Kochersberg, me ramène, avec ses notes de carton mouillé et de céréales âpres à en vomir, à une certaine réalité française, si loin des délices jubilatoires proposés entre autres par des brasseries telles Mont Salève, le Paradis, Fleurac, Pleine Lune, l’Agrivoise, la Franche ou les Garrigues. Eh oui: un chasseur de bière ne rigole pas tous les jours !

Retournons donc le classement de 180 degrés ! Qu’y voit-on ? Et bien tout d’abord le fait que ce n’est pas ce mois-ci que je parviendrai à convaincre les éventuels sceptiques de ma capacité à apprécier des bières légères et subtiles … En effet, la plus légère du podium titre à 9.25% ! Avec deux Imperial Stouts et une Imperial IPA, on a affaire à du gros calibre …

En troisième position, nous trouvons la Haver & Gort, une Imperial Stout de la brasserie néerlandaise De Molen. Ce beau bébé de 12.3% et 93 IBU a passé une bonne partie de sa maturation dans des fûts de whisky de la région Speyside. Les notes boisées, vanillées s’allient au malt rôti d’où les touches de café  dominent pour faire de cette bière une expérience somptueuse.

La brasserie Emelisse complète la forte présence des Néerlandais dans mon top avec leur White Label Imperial Russian Stout Peated Jack Daniels qui prend la deuxième place. Si le nom n’est pas vraiment court, il a l’avantage de presque tout dire. Cette bière aux notes tourbées dévoile une grande complexité (avec notamment des notes de caramel, de cerises et de réglisse) et un solide caractère avec ses 9.5% et ses 60 IBU.

Le vainqueur du mois est issu d’une triple collaboration américano-danoise, puisqu’il s’agit de la Neither, une Imperial IPA conçue par les américains de Cigar City (Floride) avec les “brasseurs sans brasserie” de Grassroots (Vermont) et brassée sur les installations de Fanø au Danemark. Oui, le monde est un grand village ! Cette fantastique bombe à houblons est superbement construite avec des notes de fruits tropicaux, une forte amertume et une finale très longue, sèche, légèrement épicée et divinement houblonnée. Il est fort dommage que cette bière n’ait été produite qu’à une seule reprise …

santé !

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Après un début de mois en mode « stand-by » (voir mon article précédent), j’ai retrouvé ma motivation et enclenché le turbo lors des 14 derniers jours de novembre.

Afin de respecter au mieux les caractéristiques des quelques 200 nouvelles bières attendant impatiemment de transiter entre ma cave et mon estomac via mon frigo, j’ai décidé de faire fi de mes envies pavloviennes et de prioriser les styles étant les plus sujet à se dégrader. Oui, ces derniers ne sont généralement pas ceux qui excitent le plus mes papilles gustatives …

C’est donc une grande majorité de Lager (très souvent Hell …) et autres Weizen qui a accompagné mes soirées de fin d’automne. Parmi celles-ci, plus de la moitié (28 sur un total de 48) provenait d’Allemagne. Suivent très loin derrière la Suisse et la Slovaquie avec 4 et respectivement 3 bières. Les bières slovaques ne courent pas les rues (c’est le moins qu’on puisse dire) et restent à tous niveaux loin derrière celles de leur grand frère tchèque.

Le niveau global du mois, vous l’avez sans doute deviné, a été fort moyen. Dans le fond du tableau, on trouve deux bières slovaques (la troisième n’étant pas bien loin …) de la brasserie Topvar-Šariš (appartenant au géant SABMiller). La Smädný Mních, une pseudo-pilsner dominée par des notes de solvant et de plastique et la Výčapné Svetlé, également pleine de solvant avec en plus une amertume grossière et agressive.

Je vais vous épargner la longue liste de bières « made in Reinheitsgebot «  qui étaient au mieux buvables, mais en tous les cas ennuyeuses à hurler, en soulignant toutefois une des rares exceptions : la solide et fort bien faite Chiemseer Braustoff de la brasserie Maximilians.

Par chance, et pour préserver mon intégrité psychique, j’ai fait quelques infidélités à ma loi sur les priorités et j’ai glissé discrètement quelques breuvages chatoyants dans mon frigo. Et – ô hasard ! – ce sont celles-ci qui apparaissent en bonne position dans le classement du mois. Notons tout d’abord une nouvelle bière de la respectable brasserie suédoise Eskilstuna : la Bälgviken, une American Pale Ale à la solide amertume fruitée. Autre beauté venant du nord : la Wachu Saison, à la plaisante aigreur/acidité, produite par la brasserie danoise de Fano pour la brasserie « cliente » Grassroots.

Passons pour terminer aux trois premiers qui sont en fait, comme les mousquetaires, au nombre de quatre. Se partagent la 3ème place la bière italienne Vai Trà, une American Pale Ale de la brasserie Hibu (trouvée par hasard dans une épicerie de la région de Berne) et la charmante et très solidement houblonnée l’Été du Nord de la brasserie française Thiriez. Décidément, nos voisins de l’est sont en rapide mutation et ceci dans la bonne direction ! Quant à ceux du sud, ça fait un moment qu’on le sait.

En deuxième position, la Fresh Hop Harvest Ale de la brasserie saint-galloise Rappi Bier Factory. Une IPA à 50 IBU et titrant à 6.7%, aromatisée entièrement avec du houblon Perle. Le résultat est une bière excellente qui confirme tout le bien que je pense de cette brasserie, une des meilleures du pays, juste derrière les intouchables BFM et Trois Dames.

Le vainqueur du mois constitue pour moi une petite surprise, puisqu’il s’agit de la Samuel Adams New World Tripel des américains de Boston Beer. Non pas que je doute des capacités de cette brasserie, une des pionnières de l’ère moderne des brasseries artisanales, mais plutôt parce que je me suis passablement distancé de mes amours d’antan pour le style belge Tripel. Mais cette interprétation, pourtant assez fidèle avec ses notes épicées, fruitées, légèrement acidulée avec, en plus, de subtiles touches de boisé dues à une maturation en fûts de chêne, cette version disais-je donc, m’a conquis. Conquis, oui, mais je n’en suis pas pour autant tombé de ma chaise. Car c’est un dernier point qui doit être souligné : avec 16.4 sur 20, la gagnante du mois n’avait plus été si basse depuis le mois de janvier de cette année.

Que voulez-vous : c’est ce qui peut arriver quand on met des priorités …