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Le Mondial de la Bière de Strasbourg figurant au programme du mois d’octobre, il n’est pas surprenant que mon nombre de nouvelles bières goûtées ait été un peu plus élevé qu’en moyenne : 81. Bien que n’ayant passé qu’une seule journée au Mondial (le dimanche), j’y ai tout de même dégusté et noté 30 bières. Cela peut paraître (et est probablement) exagéré. Je dois toutefois dire qu’avec mes 24 années passées à noter des bières, je suis capable, dans la grande majorité des cas, d’attribuer mes points (apparence, arôme, goût, arrière-goût, impression générale ; voir aussi http://www.bov.ch/beer/ratings.htm) de manière très rapide, et ceci même après un nombre élevé de bières. Il suffit de faire attention à certains points importants, comme par exemple l’ordre de dégustation, ou alors de reposer quelque peu le palais et de prendre un peu plus de temps si une bière subtile et légère se présente à vous après un monstre sur-houblonné. Le problème se situe plutôt, et de manière naturelle, au niveau de la qualité des notes prises sur les bières en question…

Ces 30 bières dégustées sur place mises à part, j’en ai ramenées 78 autres de mon escapade alsacienne, explosant ainsi mon budget bière … Mais, chut ! Pas un mot à ma femme 😉

Que dire du mois écoulé ?

Tout d’abord que les bières suisses ont tenu, à nouveau, le haut du pavé au niveau du nombre (26), ce qui m’a permis de passer discrètement la barrière des 1’500 bières helvétiques ! L’Italie, grâce au Mondial de Strasbourg, suit avec 18, puis vient l’Allemagne avec 10. Parmi les 13 pays représentés le mois passé, aucun n’est inhabituel et je fini par me faire à l’idée que 2011 sera la première année durant laquelle je n’aurai découvert aucune bière en provenance d’un nouveau pays !

Un coup d’œil plus détaillé sur les bières suisses montre que trois nouvelles brasseries, toutes de qualité fort respectable, ont croisé mon chemin,: les Lausannois de Maupas, la brasserie grisonne Biermanufaktur Maienfeld ainsi que les Zurichois de Benedix Klosterbräu. La déception du mois provient de la brasserie vaudoise Bière Buse, pourtant capable de produire d’excellentes bières, avec sa Frivole, une blanche qui ne tient pas du tout la route. Nulle doute qu’Alexandre fera beaucoup mieux l’été prochain. Si les bières suisses sont absentes de mon podium, le chapitre satisfaction n’est par contre de loin pas vide avec entre autres (sans ordre particulier) : la Pacific Pioneer (un excellent Porter des non moins excellents Sudwerk), la Noiraude (superbe Imperial Stout de la fameuse brasserie l’Enclave), la Smoke Whisky Beer (produite avec ajout de Bowmore) de UHB et la sur-houblonnée Impériale IPA Capitana de Stozi-Bräu.

Quant aux autres pays, la déception est venue de la micro-brasserie italienne de Karma dont les produits présentés au Mondial de Strasbourg étaient fort modestes. Mais il y a eu d’autres flops, tels la Stöttner Neues  Helles, la Birra de zum Schwarzen Adler (brassée pour les magasins Coop en Italie) et surtout l’imbuvable Nobelaner Kesäolut des imprononçables finlandais de Laitilan Wirvoitusjuomatehdas Parmi les joyaux n’ayant pas atteint le podium, je citerai les bières suivantes, toutes dégustées lors du Mondial : la Triple Brune I.P.A. des français de Fleurac, la danoise et vainqueur de la médaille de platine du Mondial (la plus haute  distinction) : la Hornbeer Dryhop, l’italienne Amarcord Riserva Speciale et la Charbonnière des excellents Québécois de Dieu du Ciel.

Venons-en finalement aux 3 premières places où nous retrouvons tout d’abord (3ème) la brasserie Hornbeer avec sa solide (11%) et complexe Imperial Stout : the Fundamental Blackhorn. Le Québec et Dieu du Ciel sont encore à l’honneur en deuxième position avec leur Chaman, une superbe Imperial IPA qui parvient à maintenir un bel équilibre malgré une forte amertume. Et finalement, on trouve une bière dano-belge au sommet : la Mikkeller Texas Ranger, brassée chez De Proef. Cette bière est brassée avec des piments chipotle, une variété fumée et séchée. Je tiens à rassurer tout de suite ceux à qui le mot piment évoque d’horribles souvenirs d’une Chili Beer genre Cave Creek : la Texas Ranger n’a rien à voir avec ça. Le goût épicé, au lieu de partir dans la force brute, rajoute ici une dimension et une complexité supplémentaire à une bière qui n’en manque pas avec, entre autres, des notes chocolatées et une belle amertume.

Je vous rappelle que la liste des mes 200 dernières bières testées se trouve online sur le lien suivant : http://www.bov.ch/cgi-bin/shownewbeers

cheers !

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For those of you who don’t know it yet, I have to say it again: the little beer world of Switzerland is far from being static ! Do you need a proof ? So take these 8 days from mid-October…

It began with the opening festivity of the new Napf brewery (October 7th to 9th).  Martin Bühler and Ruedi Schütz first started back in 2005, taking over the former Stadhaus Huttwil and founding the Brauerei Napf GmbH. After almost 5 years in Huttwil they decided to go a step further by becoming fully professional and moved their brewery to Walterswil, in a 4-floor building formerly used by the retailer Landi.

Walterswil is a little village located in the rural north-east part of the canton of Bern and about 10 kilometers away from Huttwil. No need to say I had to switch-on my GPS to find it … I had unfortunately not much time on my hands the first evening, but it has been just enough to taste a pretty interesting Walterswiler Zwickel, to exchange words with people like Öufi-Chef Alex Künzle or UHB brewer Ueli Bösiger, as well to visit the pretty nice new brewery’s installations.

During the 18 months needed for the brewery’s move (yes, people from Bern are reputed to be very slow …) the about 1’000 hectoliters production have been brewed at Felsenau. Napf offers a line-up of 6 beers based on the German tradition: the Napfgold, a pale lager I personally enjoyed but which may present to much diacetyl if you are unlucky; the previously mentioned Walterswiler Zwickel; a decent Dunkel but in which the evil diacetyl tends also to be too present; the nice Füürwehrbräu, a smoked beer; the unconvincing (at least the last time I got it) and hoppy Doppelbock Müeti’s Hopfebock and finally the top-fermented Schwarze Spinne, a Schwarzbier brewed partially with maize.

I’m sure Ruedi and Martin have enough potential to stabilize their beers, increase their production and offer more creations in the future. Good luck guys !

On the same day came an announcement for a new beer magazine: biergenuss. This magazine, written in German, will be released quarterly. It will contain interviews, presentation of breweries, results from tasting, reviews of books, news, ideas for cooking with beer and much more.

A very welcomed idea which should close a deep gap leaved partially by the discontinued and very uneven “Courrier de l’Orge” from the Association des Buveurs d’Orge. Here also, all my wishes of success go to editor-in-chief and publisher Reto Rudolf.

And then, one week later on October 14th, a little event took place in Crissier (a municipality located west of Lausanne) in front of the beer shop Au Grain d’Orge in honour of the publication of the first brewery guide of the French-speaking part of Switzerland (“Brasseries artisanales de Suisse romande“). The first ? Regular visitors of my Switzerland Beer Guide may disagree, so let me say the first in hardcopy form 😉

Six breweries were present at this festivity, (almost) one from each canton of Romandy: les Murailles (Genève), Bière Buse (Vaud), l’Enclave and Freiburger Biermanufaktur (Fribourg), Bières de Neuch (Neuchâtel) and BFM (Jura). Incontestably a selection of very good breweries ! This has resulted in an interesting and pleasant evening which even the deadly cold temperature has not been able to spoil.

Finally, some words about the guide: it is a very informative and well-designed book from which, unfortunately to my mind, every comments and reviews are deliberately absent. And in the present-days, chances are high that this guide could be very soon out-of-date, so I hope the editor is willing to publish future updates !

Ursprünglich plante der Chefbrauer Gerry Farrell mit seiner brandneuen Brauerei Sudwerk in Pfäffikon, eine jährliche Produktion von 500 Hektoliter zu erreichen. So einfach zu schaffen, sollte dies, mit dem durch die beiden Giganten Heineken und Carlsberg geschlossenen Markt, wohl nicht sein.

Kaum wurde aber die erste Flasche abgefüllt (Ende März 2011), kam Mitte Mai eine erfreuliche, allerdings ziemlich erstaunliche Nachricht: Sudwerk erhielt von Coop einen Auftrag über jährlich 180’000 Flaschen ! Die Biere sollen in sämtlichen Filialen in der Deutschschweiz und bei den grösseren Filialen in der Westschweiz verkauft werden. Mittlerweile wurde die Bestellung sogar auf 240’000 Flaschen erhöht !

Wie das ermöglicht wurde, weiss ich nicht; da müsste man Gerry Farrell direkt fragen. Tatsache ist, dass Sudwerk als erste Schweizer Mikrobrauerei es geschafft hat, wo bis jetzt andere, wie zum Beispiel Turbinenbräu, Unser Bier, Aare Bier und BFM, gescheitert sind, nämlich eine schweizweite Distribution ihres Produktes. Und nein! Striker Beer (das “nur” in der Deutschschweiz erhältlich ist) ist keine Mikrobrauerei: die Biere werden bei Falken gebraut.

Fairerweise darf ich aber die Graubündner von Biervision Monstein nicht vergessen: zwei Biere von dieser Mikrobrauerei, die jährlich 2’500 Hektoliter produziert, sind in über 300 Coop erhältlich. Das bringt uns auf dem zweiten wichtigen Punkt: dem Produkt selber.

Vor Sudwerk wurden schweizweit nur die üblichen, meist verkauften Biertypen vertrieben: Lager Hell, Weizen, Märzen, Pils (mit ein bisschen Phantasiekraft…) und … das wär’s langsam ! Es stimmt wohl, dass die zwei Biere von Biervision Monstein in dieser Liste nicht passen. Aber bitte: sowohl das Mungga, ein sogenanntes Kölsch, das man nie an einen Kölner auschenken darf, wie auch das monotone und atypische Stein+Bock haben etwas gemeinsam: die Qualität wurde ausserhalb der Flaschen vergessen.

Was bei Sudwerk also neu ist, ist das Qualität und ungewöhnliche Biertypen zusammenkommen. Und das Ganze wird in der Schweiz gebraut und weit vertrieben.

Das Western Rider, ein American Pale Ale, hat mir wirklich gefallen. Es ist sehr schön zwischen seinen Hopfen- und Malzcharakteristiken ausgewogen, was zu einem charaktervollen und sehr trinkbaren Bier führt. Das Gold Miner ist ein gut gehopftes Golden Ale, das als einzige Schwäche Spuren von Diacetyl zeigt. Das dritte Bier, das bald erhältlich sein sollte, Pioneer Porter, konnte ich noch nicht verkosten. Natürlich ist es nicht “das erste Porter-Bier der Schweiz” wie es regio.ch unwissend berichtet, es ist aber klar das erste Porter, das in der ganzen Schweiz verfügbar ist.

Der Werbespruch von Sudwerk lautet “Schweizerbier mal anders“. Schön und gut. Man muss aber präzisieren, dass das Schweizerbier seit mehreren Jahren “anders” als Lager Hell sein kann. Das haben uns, lange vor Sudwerk, Brauerein wie BFM, Sierrvoise, G48, Haldemann, Brasserie Artisanale de Fribourg, Officina della Birra, Altes Tramdepot, Rappi Bier Factory, Öufi, Faiseurs de Bière, Käppelijoch Bier, Brasserie Artisanale du Dérochet, Trois Dames, Strättligen Bier, BeSte, Degenbier, Sevibräu, Luterbächlihof, l’Enclave, UG-Bräu, Bières de Neuch, Brauerei.sh, UHB, Bief, Schwarzbuebe Bier, unter anderem, bewiesen. Obwohl alle diese Brauereien zusammen kaum 1% des in der Schweiz getrunkenen Biers produzieren, haben sie alle, und gewisse seit 15 Jahren, zu der Erziehung den Schweizer Biertrinkern und der Erneuerung der Schweizer Bierkultur beigetragen. Damit einmal, vielleicht, solche Biersorten nicht mehr als “anders” bezeichnet werden.

Was jetzt ? Interessant wird sicher die Reaktion der Konsumenten sein. Diese scheint jetzt extrem positiv zu sein, man muss aber minimum ein Jahr abwarten, bis Schlüsse gezogen werden können. Ein Erfolg wurde sicher Coop motivieren, weitere “ungewöhnliche” Schweizer Biere im Sortiment zu nehmen. Das könnte eine Chance für einige der oben erwähnten Brauereien sein.

Noch was: Sudwerk muss vorsichtig agieren und mittelfristig nach anderen wichtigen Vertriebskanälen forschen. Eine zu hohe Abhängigkeit an einen Vertreiber ist nicht gesund. Und dies nicht nur wegen einem allfälligen Preisdruck.