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Ølfestival København 2013

Ølfestival København 2013

Décidément, chaque fois que je pense avoir été particulièrement actif dans ma chasse aux nouvelles bières, je le suis encore plus le mois qui suit. La barre du mois d’avril, pourtant assez haut placée grâce aux Solothurner Biertage, a été reléguée au second rang par le mois de mai avec l’aide notoire du festival de Copenhague. Eh oui! Je me suis offert une petite virée dans l’un des 4 pays les plus créatifs et intéressants au niveau bière à l’heure actuelle. D’où l’explication pour les 110 bières qui ont égayé ce mois de mai pluvieux.

Parmi les 15 pays représentés c’est bien sûr le Danemark qui écrase toute concurrence avec presque la moitié des bières (53), suivi des USA (16) puis de la France et de la Finlande (6 chacune). A noter aussi la présence de deux pays peu ordinaires avec les Îles Féroé (Okkara Gull) et le Bélarus (Krinitsa Starazhytnae, plus facile à boire qu’à prononcer d’ailleurs).

Malgré un mois helvétique très modeste au niveau quantitatif, j’ai toutefois réussi à mettre la main sur une nouvelle brasserie suisse: les zougois d’Einhornbräu, situé à Hünenberg, un bled apparemment pas facile à trouver … Leur Chlosterli est une bière correcte, sans plus. A noter également la très bonne Saxonne, une bière aux abricots de la brasserie valaisanne Bartis.

IMG_1714[1]Dans les abîmes infernaux du mois passé nous trouvons –  comme souvent – quelques boissons démoniaques. Tout d’abord deux bières de masse américaines mauvaises à souhait: la Yuengling Traditional Lager, un produit de la plus vieille brasserie étasunienne encore en activité (il serait peut-être temps de mettre la clef sous le paillasson, les gars!), une bière idéal pour aller au cinéma puisqu’elle pue déjà le pop-corn … et la Landshark Lager du géant Anheuser-Busch, un produit qui concurrence farouchement sa grande soeur la Bud sur le plan de la médiocrité. Mais les efforts de ces deux bières n’ont pas suffi pour prendre la place de cancre du mois, car la Kellegen Prestige des navrants français de Saverne (qui appartient au groupe allemand Karlsberg) était tout simplement imbattable ! Et de leur part, ce genre d’exploit ne me surprend même plus et ce depuis longtemps …

Le nombre de bières de qualité qui mériteraient d’être citées dans ces lignes étant trop élevé, je me vois forcé de faire des choix. Voici tout d’abord quelques-unes bières qui m’ont le plus impressionné à Copenhague:

IMG_1769[1]Ceux d’entre-vous qui sont attentifs auront remarqué deux choses: 1) il n’y a pratiquement que des stouts et des IPA/DIPA dans ma liste et 2) les danois sont les champions du monde des “gypsy brewers” ! Pour rappel, un brasseur “gypsy” (je ne suis pas sûr qu’un terme existe en français, en tous les cas il m’échappe pour l’instant) est un brasseur qui ne possède pas d’installation de brassage et qui fait produire ses recettes par d’autres brasseries. Le plus connu d’entre tous étant Mikkeller.

Il y a bien sûr eu d’autres merveilles en dehors de mes deux jours au Danemark. Tout d’abord la Sour in the Rye des américains de The Bruery, une superbe sour beer alliant à merveille épices, bretts, seigle et vieillissement en fût à vin rouge. Puis la BrewDog El Dorado, à mon avis la meilleure des 4 bières de la dernière série “IPA is Dead”. Et enfin deux bijoux en provenance d’Italie: la Zona Cesarini de Toccalmatto – une IPA houblonnée au Sorachi Ace et au Pacific Gem – et la Beerbrugna de l’excellent Valter Loverier, brasseur de LoverBeer – une sour beer de grande classe !

Il est maintenant temps d’aborder le podium qui voit un triomphe de l’excellente brasserie Amager – la meilleure du Danemark à mon avis – avec les places une et trois. La bière qui vient s’intercaler entre ces deux péchés capitaux mérite vraiment qu’on s’y attarde quelques instants.

Et un autre péché capital: la gourmandise !

Et un autre péché capital: la gourmandise !

Elle provient d’un brewpub de Gulfport en Floride – Peg’s Cantina – et j’ai eu la chance de la découvrir au bar Mikkeller & Friends (probablement la 1ère fois que cette bière sortait des USA). Il s’agit de la G.O.O.D. RareR DOS, une Imperial Stout vieillie en fût de rhum pour un résultat puissant et complexe. Elle est d’ailleurs actuellement classée 36ème sur Ratebeer, un fait qui n’est pas à négliger.

La numéro 3 du mois est donc l’Amager the Sinner Series Gluttony, une Double IPA très sèche, très amère et généreuse en houblons fruités, en bref une bière incitant vraiment à la gourmandise !

Le vainqueur provient donc de la même brasserie et c’est une solide Imperial Stout: the Sinner Series Pride. Ce breuvage peut effectivement se permettre d’arborer avec orgueil ses 10% d’alcool et sa complexité avec ses notes de whisky, de pruneaux, de cerises et de café noir, ainsi qu’une robuste amertume et une touche salée. Difficile dans ces cas-là de résister à la tentation !

cheers !

Parmi les 76 bières dégustées lors du mois qui vient de s’écouler, la Suisse a repris la main, si ce n’est au niveau du podium, du moins au nombre de bières par pays. Ce sont en effet 29 nouvelles bières made in Switzerland qui sont tombées dans mon escarcelle. Et parmi celles-ci, comme à l’accoutumée, du très bon, du bon et du … un petit peu de moins bon.

Voyons ceci de plus près et dans le désordre:
Tout d’abord, j’ai découvert pas moins de 4 nouvelles brasseries le mois dernier.

  • Hasebärgbraui (Udligenswil, canton de Lucerne), chez qui j’ai commandé 3 bières via la page internet, présente des produits correctement faits, mais qui sont toutefois fort difficiles à identifier et à placer dans un style. Je ne suis certes pas un taliban des styles de bières (mes ratings tiennent très peu compte du fait qu’une bière corresponde à un style ou pas), mais il est quand même pas mal de savoir où l’on va.
  • La toute nouvelle brasserie fribourgeoise (non, ils n’ont pas repris les locaux de Cardinal …): la Brasserie du Chauve. Le brasseur, qui doit maintenant définitivement oublier l’option des implants capillaires, a vécu plusieurs années en Nouvelle-Zélande, d’où il est revenu avec un amour pour le houblon et les ales anglo-saxonnes. De bonnes bières (stout et black IPA entre autres) à essayer absolument. A noter que la ville de Fribourg à maintenant 3 brasseries présentant une belle complémentarité: les “anciens” de la BAF (brasserie artisanale de Fribourg), la Freiburger Biermanufaktur (très orientée Reinheitsgebot) et maintenant donc la Brasserie du Chauve.
  • Ce sont carrément 6 bières qu’offrent les Bernois de Mein Emmental (Konolfigen). Ici aussi, les styles ne sont pas forcément facile à cerner, mais en fait c’est plutôt un compliment quand on parle d’une brasserie suisse-allemande ;-). Du bon et du moins bon, mais l’enthousiasme et le potentiel sont là (et pas seulement à cause de leur excellente page internet). Ne manquez pas la Äs Fyschter’s, une stout fort bien faite.
  • Puis finalement (et enfin, car ça faisait un moment que je cherchais leurs bières), Storm&Anchor de Winterthur. Cette brasserie, qui n’est, il faut le préciser, pas (encore) commerciale et donc pas enregistrée à l’Administration Fédérale des Douanes, offrent des bières de types anglo-américains. Celles-ci ont un fort potentiel mais sont, pour certaines d’entre-elles en tous cas,  présentées trop jeunes. La Kodiak, un barley wine titrant à 11%, m’a fait forte impression.

A noter ensuite 4 nouvelles excellentes bières de Gutknecht’s Hammer-Bier, une brasserie qui évolue certes dans la zone d’attraction gravitationnelle du trou noir des styles germaniques, mais alors à un haut niveau ! Mention spéciale ici à leur Märzen-Bier.

De l’autre côté de l’espace-temps, on trouve la nouvelle plaisanterie de Feldschlösschen, l’Amber, mûrie sur bois de chêne. Oui, oui: sur bois de chêne. Vous ne pensiez tout de même pas qu’ils allaient employer des fûts, non ?

Retournons encore une fois la table pour finir par 3 superbes bières suisses:

Quittons maintenant la Suisse. Au chapitre flop du mois, c’est sans contestation possible la brasserie espagnole Masia Agullons qui l’emporte. Sa Pura Pale montrait des notes évidentes de DMS et sa Dalmoru était asphyxiée sous une tonne de coriandre. Fort décevant, considérant surtout la bonne, voire très bonne tenue de route des autres bières de cette brasserie, notamment la Setembre.

Avant de m’attaquer au podium du mois, j’aimerais encore citer 2 excellentes bières (afin que vous ne les manquiez pas lors de votre prochain passage au bar Erzbierschof ;-)): la Tres Blueberry Stout des américains de Dark Horse et la Bitch Please des as du marketing écossais Brewdog (brassée en collaboration avec la fabuleuse brasserie de l’Indiana, Three Floyds).

Or donc, le podium. La 3ème place revient à une bière relativement classique et qui m’a échappé pendant fort longtemps: la Kriek Mariage Parfait de la brasserie Boon. Peu de choses à en dire, si ce n’est qu’il s’agit d’un excellent lambic, comme la plupart des bières qu’ils brassent. La 2ème place revient à la Sea Bass de la fantastique brasserie Cigar City. Une sour ale complexe qui a également été ma 7000 ème bière dégustée (voir aussi ici).

C’est une bière italienne qui s’impose ce mois-ci et elle provient d’une brasserie qui m’était inconnue jusqu’alors: la LoverBeer BeerBera. Le brasseur, Valter Loverier, brasseur amateur de longue date, à récemment franchi le pas du professionnalisme. Ce brasseur jouit d’une très grande réputation parmi ses pairs et je comprends parfaitement pourquoi après avoir goûté quelques-unes de ses créations. La bière en question mériterait une rubrique à elle seule. Il s’agit d’une sorte d’hybridation issue d’un croisement entre le monde de la bière et celui du vin: en effet, aucune levure à bière n’est utilisée et la fermentation s’effectue, lentement, à partir de levures sauvages contenues dans du moût de barbera qui est rajouté à la bière de départ. Le tout est complété d’une maturation en fûts de chêne (non, on n’est pas chez Feldschlösschen ici …). Le résultat est tout simplement superbe !