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Titanbräu, la brasserie de Saint-Marin

La publication de mon dernier billet mensuel en allemand m’a valu un nombre réjouissant de remerciements de la part de mes lecteurs germanophones. Et quelques remarques inquiètes de romands … Tout cela pour vous dire d’une part, qu’il est très agréable de se savoir lu et d’autre part qu’il est difficile de contenter tout le monde.

Bref, revenons à nos moutons – ou plutôt à nos houblons. Si le mois d’octobre s’est situé en-deçà de la moyenne annuelle au regard du nombre de bières (et de la qualité probablement aussi), il a toutefois été plus qu’honorable avec tout de même 79 nouveaux spécimens en provenance de 15 pays.

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Alpha Pilsener, une bière d’Andorre

La Suisse pointe comme à l’habitude en tête avec 18 représentants, suivie de la Belgique et des États-Unis avec 12 chacun. A noter particulièrement un nouveau pays avec Saint-Marin. Enfin … nouveau, pas vraiment: en 2004 déjà, j’avais eu l’occasion de boire des bières de la brasserie Amarcord (appelée alors Spring), mais par la suite, en 2009, cette brasserie a déménagé en Italie (à Apecchio) et même si j’ai personnellement continué à considérer ce pays comme acquis, le trou apparu alors dans mes statistiques sur ratebeer m’a quand même un peu dérangé (on est pointilleux ou on ne l’est pas…). Cette inconsistance a donc été réparée grâce à la bienveillance du légendaire Himmy qui a partagé avec moi deux bières de la brasserie Titanbräu. A l’attention de ceux qui sont – comme moi – féru de détails, je signale que je n’ai pas encore bu une bière de tous les pays d’Europe (du moins selon les critères de ratebeer qui peuvent paraitre assez laxistes sur ce point) puisqu’il me manque encore le Vatican,  la République turque de Chypre du Nord, la République moldave du Dniestr et finalement Guernesey (dont seuls les deux derniers cités produisent de la bière à ce jour).

J’ai pu croiser des bières d’autres pays rares le mois passé avec l’Alpha Pilsener (Andorre), la Baird Mikkeller Fruitful Life Collaboration (Japon) et la Nómada Dead Monk de Ca l’Arenys (Espagne).

J’ai également pu découvrir les produits de 3 nouvelles brasseries suisses: Birra Bozz (Gordola, Tessin), Sennbräu (Buchs, Saint-Gall) et Trois Lacs (Enges, Neuchâtel). Seul les Saint-Gallois ont été convaincants, offrant trois bières de bonne facture dont en particulier la Senn Adams. Quant aux deux autres, j’attendrai de boire leurs autres bières en attente dans ma cave avant de me prononcer plus clairement.

Voici un tour d’horizon des autres bières suisses du mois d’octobre:

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L’excellente Stillwater As Follows brassée chez Two Roads

Comme chaque mois ou presque, j’ai du m’envoyer des trucs – restons poli -pas bons. Pour ceux d’entre-vous se souciant de ma santé (merci à vous) et qui l’ignorerait, je rappellerai que je ne fini en aucun cas une bière qui ne me plait pas. Il est même rare que je boive en entier une bière n’atteignant pas la moyenne (qui, soit dit en passant, se situe actuellement vers les 12.5 sur 20 ou 3.1 sur 5 sur l’échelle de ratebeer). Je ne connais d’ailleurs pas de “beer rater” se fixant des règles concernant une consommation minimum d’un produit, chose que l’on peut par contre trouver chez les “beer tickers”. Or donc, je parlais de truc douteux et c’est la Biker Cool de Fürst Wallerstein qui remporte la palme avec un horrible mélange bière-limonade citron dont les allemands sont spécialistes et que les guignols du marketing persistent à vouloir qualifier de rafraichissant. Cette exécrable mixture laisse derrière elle de solides concurrents telles la Sundsporter des Suédois d’Helsingborgs (un festival de cuivre et de métal) et la Beck’s Asia, un mélange écoeurant de bière, grapefruit et gingembre (par chance une version limitée).

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Jolly Pumpkin fidèle à sa réputation avec la Weizen Bam

What about good beers me direz-vous ? Pas de panique, il y en a eu ! Tout d’abord, un joli tir groupé états-uniens avec Kuhnhenn Aldebaran, Jolly Pumpkin Weizen Bam, Jester King Salt Lick (Censored), Short’s the Woodmaster et Two Roads Stillwater As Follows (toutes obtenues chez Erzbierschof pour ceux que ça intéressent). Puis une bière italienne, Stradaregina Pin Hop, une néerlandaise, the Perfect Crime Smoking Gun de la brasserie Schelde ainsi qu’une présence habituelle belgo-danoise (De Proef Mikkeller Walk on Water et De Proef To Øl Black Porter) et une moins commune belgo-japonaise avec OWA Sakura Lambic. La brasserie OWA a été créée en 2007 par Leo Imai, un chimiste/brasseur japonais qui a roulé sa bosse entre la brasserie Kirin, une université écossaise et une brasserie bavaroise avant de fonder sa compagnie à Bruxelles, à deux kilomètres du fameux Moeder Lambic. Son objectif est une fusion culinaire entre la Belgique et le Japon, il s’applique donc à concevoir des bières se mariant parfaitement à la cuisine de son pays d’origine. Je dis concevoir, car il ne semble pas avoir de lieu de production (merci de me contredire si vous en savez plus) et travaille en collaboration avec d’autres brasseries. La Sakura Lambic précitée provient probablement de chez Timmermans (vous remarquerez grâce à l’adverbe “probablement” que la transparence dont je déplore souvent le manque en Suisse, n’est pas forcément présente chez les Belges non plus, loin s’en faut d’ailleurs).

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Dégustation belge chez Erzbierschof: Bzart (Oud Beersel), OWA et XXX de De Ranke

Aborder le podium me permet de rebondir directement sur la brasserie (ou plutôt la compagnie) OWA puisqu’une autre de leurs bières a fait particulièrement fort le mois passé en obtenant la deuxième place. J’ai nommé la Ume Lambic, produite chez De Troch. Le Ume est un abricotier du Japon produisant des fruits particulièrement aigres et acides et qui se combinent merveilleusement à un lambic.

Deux bières se partagent la troisième place dont la meilleure bière suisse du mois, la délicieuse Dark Ale de Reinecke Bräu. Quel dommage que Beat ne brasse pas plus ! Son compagnon pour la médaille de bronze est une nouvelle bière du tandem explosif De Proef/Mikkeller qui pour l’occasion a constitué un trio avec les états-uniens de Three Floyds pour concocter la Boogoop, un barley wine arborant fièrement ses 10.4% d’alcool et ses 80 IBU. Âmes sensibles s’abstenir.FFF_BooGoopLabel_mikk82

La victoire du mois revient à mon style de prédilection avec la puissante Stone Espresso Imperial Russian Stout, un véritable feu d’artifice de café et de chocolat enrobé d’une amertume à damner un saint (enfin, peut-être pas, mais un amateur de bière, oui !).

cheers !

Advertisements

IMG_1657[1]Ce début d’année continue à un rythme effréné puisque ce ne sont pas moins de 75 bières (une de plus que le mois précédent) qui m’ont accompagné lors du mois de mars. La particularité a été le nombre franchement impressionnant de bières suisses épinglées à mon tableau de chasse: 52 ! Quand je pense qu’il y a toujours des gens pour me dire “tu dois avoir de la peine de trouver des nouvelles bières: tu les as toutes bues!“. La preuve que non … Il suffit de chercher, contacter, se déplacer … et avoir aussi de nombreuses et excellentes relations. Une chose est sûre: la diversité et la qualité des bières suisses sont une réalité, mais ce qui est certain également, c’est que ces bières ne vont pas vous tomber dessus par hasard: il faut les rechercher ! Et ne me demandez pas comment, car cela me vexerait de constater que vous ne connaissez pas encore mon guide des brasseries suisses 😦

Le nombre écrasant de bières de mon pays a relégué les autres nations – tout du moins en ce qui concerne la quantité – au niveau de simple anecdote. Huit autres pays ont tenté de pointer le bout de leur nez, dont la France et les États-Unis avec 6 et respectivement 5 bières.

Regardons maintenant la Suisse d’un peu plus près. Il y a tout d’abord la présence de 5 nouvelles brasseries que je vais aborder dans un ordre de préférence croissant.

IMG_1647[1]Les Soleurois de Brummbacher présentent des produits de styles presque exclusivement germaniques. Trois bières moyennes voire même un peu au-dessus, mais qui sont accompagnées de deux blanches (la Weizen Classic et la Weizen Dunkel) dont la qualité douteuse pèse sur le tableau d’ensemble.

Difficile d’émettre un avis sur la seule bière des Schwyzois de Turpä Bräu, un produit non sans intérêt et pourvu de certaines qualités. J’ai eu toutefois un peu de peine de me convaincre que le résultat était du à une maitrise brassicole plutôt qu’à un certain hasard …

Il me faudra également plus de temps pour me prononcer plus clairement sur les Bâlois de Gleis 1 Bier. J’ai pu déguster leur Schwarzbier  – bonne mais sans plus – ainsi que leur Indian Pale Ale, pas vraiment géniale.

Avec les Bernois de Mein Teil – une brasserie dont l’accès à lui seul mériterait un article séparé … – on monte d’un cran. Trois bières fort bien maitrisées et de caractère plaisant avec, en tête de liste, la Z’Blondä. L’inquiétude du brasseur quant à mon verdict n’était de loin pas justifiée 😉

Et finalement, on monte à nouveau dans la qualité avec la découverte suisse du mois: les Bernois de Burg-Bier. Quatre bières de style exclusivement germaniques (qui a dit que je n’aimais pas ça ?) avec en haut de l’affiche la Heller Bock et surtout l’excellente Dunkels. Bravo messieurs !

IMG_1652[1]Quant au sujet des nombreuses autres bières suisses du mois passé, il y a beaucoup de choses à dire …

Tout d’abord que, comme d’habitude, la qualité est fort variable. Deux (grosses) déceptions à noter de la part de brasseries capables de beaucoup mieux: Mein Emmental et Zwergenbräu. Tandis que les premiers nommés semblent frappé de plein fouet par un problème technique (présence de nitrates dans l’eau ?) qui ruine impitoyablement la fin de bouche de leurs produits, les seconds ont déçu avec leurs modestes Waldsaft (bière au miel) et Schprisse (IPA) avant toutefois de se reprendre brillamment avec une excellente Stout (Schtrunk).

Une autre brasserie habituée à alterner le chaud et le froid, c’est Old School (Faulensee). Les 6 bières que j’ai bues le mois passé ont parfaitement confirmé cet état de fait. Les excellentes IPA et Dubbel ont été tempérées par les modestes Revolution et 1388. Une chose est sûre: le potentiel est présent.

IMG_1656[1]Et pour clore (ou presque) le chapitre helvétique, quoi de mieux que de citer 5 brasseries confirmant parfaitement leurs excellentes qualités ? Stozi-Bräu avec son Porter; Bières de Neuch et son Exceptionn’elles; la brasserie du Chauve et son intéressante Fondjà; Gutknecht’s Hammer-Bier et sa Mandarina Lager ainsi que Strättligen Bier avec 7 bières dont notamment l’excellente Guntelsey (une pilsner de style tchèque).

Étant donné le nombre de bières suisses, il était presque inévitable d’en retrouver une sur le podium des cancres du mois. Ce triste honneur revient à la brasserie Rosengarten avec leur tentative – louable mais au final pitoyable – de produire un Bock nommé modestement Schwyzer Bock. Le résultat, constitué de notes chaotiques de céréales, d’alcool et de carton, doit bien faire rire les brasseurs allemands qui tomberaient dessus par un malencontreux  hasard. Heureusement toutefois, cette bière a du s’incliner face à un autre candidat – il est vrai difficile à battre – la Vaquero de la brasserie française Saverne, une des championnes du monde en matière de produits imbuvables. Ahhh, moi, la bière à la tequila, y a qu’ça d’vrai ! 😉

Mayan-Judgment-Day-FrontAu chapitre du très bon, mais ayant manqué le podium, on peut citer trois pays. Tout d’abord la France avec la Paradis Alphonse Brown de la magicienne Marjorie Jacobi. Puis les Pays-Bas avec – ohhhh surprise – deux solides bières des incontournables De Molen, la Bar & Boos (une Imperial Stout) et la Rhythm & Blues (un Barley Wine), toutes deux planant à plus de 10% d’alcool. Et enfin les USA avec la Mikkeller Invasion Farmhouse IPA de la brasserie Anchorage ainsi que la Judgment Day Mayan Apocalypse de Port Brewing.

Nous voici parvenu devant les dernières marches avec en troisième position la somptueuse Tessiner Maronni Honig Bock Bier de Gutknecht’s Hammer-Bier. Une bière dont le nom à l’avantage de pratiquement tout dire à son sujet … En deuxième position, on retrouve Mikkeller, mais cette fois-ci à domicile puisque c’est chez Amager qu’il a fait produire son excellent et solide Porter (8%). Et pour terminer, la victoire revient –  et assez nettement – à la meilleure brasserie française (une déclaration qui n’engage que moi): j’ai nommé la brasserie du Mont Salève et sa Tzarine, une Imperial Stout d’une rare complexité. D’ailleurs, cette brasserie sera présente à Crissier le 31 mai lors de la 3ème édition du Festival des brasseries régionales organisé par Au Grain d’Orge. N’hésitez pas à y faire un saut !

cheers !