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IMG_3364[1]A peine le temps de jeter un regard dans le rétroviseur que – zou – le mois de janvier est déjà terminé (j’ai pourtant vu passer Noël très récemment, non ?).  Je ramasse donc mes billes pour faire le bilan et il est vrai que je me dois de constater que l’année a commencé sur quelques notes plaisantes dont le nombre fort agréable de bières offertes par des brasseurs (je ne les remercierai jamais assez) ainsi que l’ouverture du 3ème bar Erzbierschof à Berne ont clairement été les points forts.

Or donc, ce sont 78 nouvelles bières qui ont égayé mes sens et mes soirées (mes après-midis également parfois …) dont la provenance se compose de 17 pays. La domination au niveau du nombre a été inhabituellement acharnée et ce sont finalement les USA qui brûlent la politesse à la Belgique (17 contre 16), laissant mon pays natal se contenter d’une rare 3ème place avec 14 nouvelles bières. A noter parmi les contrées rares l’Argentine et la Lago Puelo Roja ainsi que le Portugal avec deux bières des “gypsys” de Passarola (IPA et Double Oatmeal Stout), brassées chez Faustino. Mais le must n’est évidemment pas d’accrocher un pays rare, mais bien sûr un nouveau pays ! Ce qui est déjà chose faite cette année avec la Murree Beer en provenance du Pakistan, mon 162ème pays.IMG_3334[1]

Alors que 13 nouvelles brasseries suisses se sont déjà ouvertes en 2015, je n’ai pas été capable d’en accrocher ne serait-ce qu’une seule à mon tableau de chasse. Mais ce n’est que partie remise, faites-moi confiance. Voici un petit résumé de mes nouvelles bières helvétiques du mois de janvier:

  • UHB se taille la part du lion avec 6 bières bonnes à très bonnes dont la plus convaincante aura été la Rasputin Stout (meilleure bière suisse du mois), suivie d’un tir groupé constitué de la Dark Saison, la Citra Blond Ale et la French Saison. Il est à noter que sur les 47 (eh oui!)  bières que j’ai pu goûter jusqu’à aujourd’hui de cette brasserie, j’attends toujours d’en rencontrer une mauvaise. En fait, non: je sais qu’Ueli ne peut pas brasser de mauvaises bières !
  • Trois Dames confirme (s’il en était encore besoin) sa créativité et son penchant pour les collaborations avec la Dark Absinthe Saison, concoctée avec les américains d’Arizona Wilderness. Une bière très bien faite qui se heurte en ce qui me concerne à mon affection – comment dire – fort modérée pour l’absinthe;
  • la Sottobisio IPA s’inscrit parfaitement dans la ligne de qualité offerte par cette brasserie tessinoise;
  • la brasserie JamesBräu reste excellente; si la douceur un peu excessive de la Strong Red a un peu freiné mon enthousiasme, la très bonne Dubble, elle, était au rendez-vous;
  • IMG_3361[1]la Cathélaz Bière Blanche à l’Américaine n’est certes pas la meilleure création de la brasserie, mais c’est une bière qui reste très bonne;
  • difficile de savoir où l’on met les pieds avec les Valaisans de Celsius (brasserie artisanale d’Ayent) dont les bières sont souvent chaotiques et parfois incorrectes … je ne vais donc pas me plaindre de leur Matador, une Stout somme toute buvable;
  • la Bira Bianca des Tessinois de San Rocco est tout à fait décente bien que passablement hors style;
  • même si je n’ai jamais été un fan de l’Altes Tramdepot, je dois leur concéder une chose: leur créativité (un paradoxe pour une brasserie croyant au mythe de la Reinheitsgebot … alors même que beaucoup de leurs bières ne peuvent pas s’en réclamer). Leur récente Baltic Porter n’est pas mal du tout.

Avant de parler du meilleur, il est convenu de s’attarder brièvement sur le moins bon. Même si la bière pakistanaise était franchement mauvaise, elle n’a eu aucune chance face à l’écoeurante Karmi Malinowa Pasja produite par Okocim (Carlsberg Polska) et qui devrait être interdite au plus de 8 ans … La Woinic Rouge des hop_stoopidfrançais d’Ardwen prend une deuxième place méritée sur le podium d’infamie alors que l’on trouve une autre bière polonaise, la Raciborskie Ciemne de la brasserie Zamkowy Raciborz, à la troisième place. A noter également que j’ai été fort déçu par la Weyerbacher Eighteen, une bière pourtant bien cotée sur Ratebeer.

Au chapitre satisfaction, beaucoup trop de bières pour les passer toutes en revue et c’est tant mieux. La meilleure bière états-unienne a été la Farmhouse Hop Stoopid de Lagunitas (du haut de ses 102 UBU), alors que côté anglais, j’ai été séduit par la Ridgeway Imperial Barley Wine de Hepworth.

Belle prestation des Norvégiens avec la Jacobs Hage des nouveaux et fort prometteurs Lindheim et surtout la troisième place du mois de Lervig avec leur Konrad’s Stout.

thurboMais ce sont les Belges qui frappent le plus fort avec la Timmermans Oude Gueuze, la To Øl Garden of Eden (3ème ex aequo) et la Mikkeller Show Me Cuvée (1ère ex aequo). Les deux dernières nommées étant bien sûr brassées chez De Proef.

Et pour finir, c’est la Suède qui place un représentant pour accompagner la Show Me Cuvée au sommet du podium avec la merveilleuse Thurbo Double IPA de la brasserie Oppigårds. Hmmm… comment donc résister à tous ces houblons ?

cheers !

Ni l’été et la chaleur qui perdurent, ni de légers soucis de santé n’ont pu vraiment freiner mon élan et mon enthousiasme de dégustateur. Il faut dire qu’il y en a des bonnes choses planquées dans ma cave !

Les 55 bières au programme du mois passé comptaient des porte-paroles de 15 pays différents. La Suède – avec 10 – a tenté sans succès de détrôner la Suisse, qui avec 15 bières est une fois de plus le pays le plus représenté. Viennent ensuite les Pays-Bas avec 5 bières – mais quelles bières ! j’y reviendrai plus tard.

Il vaut la peine de s’attarder un instant sur la Suède. Ce pays, qui vit parfois dans l’ombre de son exubérant et néanmoins excellent voisin danois, me semble trop souvent sous-estimé. Grâce à mes échanges réguliers depuis 16 ans avec le légendaire chasseur de bières Per Forsgren, j’ai la chance d’avoir – avec 305 bières – une vue d’ensemble plus que respectable de ce pays. La Suède possède avec des brasseries telles Närke (14ème dans mon classement personnel des brasseries), Nynäshamns ou Jämtlands des représentants de classe mondiale. Et ils ne sont de loin pas seuls, comme me l’ont confirmé le mois passé des bières comme Jädraås Jädra Jul, Kalle Blot, Lunda Piraten, Oppigårds Ekporter 2011, S:T Eriks India Pale Ale ou Train Station The Hoppy One. Ce n’est donc pas une surprise si la Suède pointe à la 6ème place de mon classement des pays.

Quid de la Suisse ?

Pas de nouvelle brasserie – ce n’est pas Noël tous les mois – et pas de mauvaises bières non plus – bon, la bière aux abricots des Divins Brasseurs était certes un peu à la limite … Donc  quoi ? Et bien surtout des confirmations. Tout d’abord que les bières de Danidrinks sont intéressantes (j’ai bu récemment la Lager 34 et la Black Mexican), donc si vous faites un tour à Berne, arrêtez-vous donc au bistrot Casa Marcello. Ensuite que la Brasserie de la Côte, bien que présentant toujours des bières de valeurs supérieures à la moyenne, semble toujours être en froid avec les houblons. Mais n’hésitez pas à essayer Le Trou Noir si vous la croisez. Autre confirmation, celle de l’excellence de Freddy Haldemann dont j’ai pu goûter 3 nouvelles versions de ses Darach Mòr,bières vieillies en fûts à whisky. Puis finalement la nouvelle bière de Sudwerk, la Liberator, une très bonne création venant compléter une gamme fort intéressante.

Il y a eu des horreurs de très haut niveau lors de ce mois d’août. Si la Valentins Weissbier Dunkel peut être juste poliment qualifiée de mauvaise, cet adjectif ne suffit largement plus pour décrire les deux bières suivantes, dont je n’ai pas réussi à déterminer laquelle était la pire. La Bofferding Lager Pils – une bière luxembourgeoise, fait rare – est un mélange de dissolvant et d’aspartam avec une texture huileuse et collante. N’imaginez même pas un instant finir votre verre ! La seconde, la Meteor Kochersberg, me ramène, avec ses notes de carton mouillé et de céréales âpres à en vomir, à une certaine réalité française, si loin des délices jubilatoires proposés entre autres par des brasseries telles Mont Salève, le Paradis, Fleurac, Pleine Lune, l’Agrivoise, la Franche ou les Garrigues. Eh oui: un chasseur de bière ne rigole pas tous les jours !

Retournons donc le classement de 180 degrés ! Qu’y voit-on ? Et bien tout d’abord le fait que ce n’est pas ce mois-ci que je parviendrai à convaincre les éventuels sceptiques de ma capacité à apprécier des bières légères et subtiles … En effet, la plus légère du podium titre à 9.25% ! Avec deux Imperial Stouts et une Imperial IPA, on a affaire à du gros calibre …

En troisième position, nous trouvons la Haver & Gort, une Imperial Stout de la brasserie néerlandaise De Molen. Ce beau bébé de 12.3% et 93 IBU a passé une bonne partie de sa maturation dans des fûts de whisky de la région Speyside. Les notes boisées, vanillées s’allient au malt rôti d’où les touches de café  dominent pour faire de cette bière une expérience somptueuse.

La brasserie Emelisse complète la forte présence des Néerlandais dans mon top avec leur White Label Imperial Russian Stout Peated Jack Daniels qui prend la deuxième place. Si le nom n’est pas vraiment court, il a l’avantage de presque tout dire. Cette bière aux notes tourbées dévoile une grande complexité (avec notamment des notes de caramel, de cerises et de réglisse) et un solide caractère avec ses 9.5% et ses 60 IBU.

Le vainqueur du mois est issu d’une triple collaboration américano-danoise, puisqu’il s’agit de la Neither, une Imperial IPA conçue par les américains de Cigar City (Floride) avec les “brasseurs sans brasserie” de Grassroots (Vermont) et brassée sur les installations de Fanø au Danemark. Oui, le monde est un grand village ! Cette fantastique bombe à houblons est superbement construite avec des notes de fruits tropicaux, une forte amertume et une finale très longue, sèche, légèrement épicée et divinement houblonnée. Il est fort dommage que cette bière n’ait été produite qu’à une seule reprise …

santé !

Si je me sens vieux aujourd’hui, ce n’est pas seulement parce que je viens de fêter mon anniversaire.  Non, c’est plutôt parce que je mesure toute la distance parcourue ainsi que l’énorme changement qui est arrivé au monde de la bière.

En fait, j’ai énormément de chance que ma passion ait débuté pendant une période de vaches maigres (1987), à une époque où l’on se réjouissait de trouver une Leffe, une Gauloise ou une Guinness. Repenser à cette époque est salutaire, puisque cela permet d’apprécier à sa juste valeur l’incroyable diversité actuelle. Une attitude qui doit être bien difficile pour un “beer geek” pas-encore-sec-derrière-les-oreilles, voyageant d’une Imperial Stout à une Rauchbier en passant par une Sour Ale et autre Double IPA, sans réaliser la chance qu’il a.

C’est avec ces pensées en tête que je considère le bilan du mois de mars et la qualité franchement élevée de la grande majorité des 58 nouvelles bières qui m’ont accompagné. Ce n’est pas demain la veille que je risque d’être blasé par les merveilles que je verse dans mon verre !

58 bières donc, un chiffre correspondant bien à mon rythme de croisière, mais largement insuffisant pour faire baisser le stock de ma réserve. Au contraire: avec plus de 80 nouvelles bières récoltées le mois passé, ma cave menace de déborder …

Il devient répétitif de signaler que la Suisse – avec 14 – prend à nouveau la tête au nombre de bières représentées. Suivent la France (8, merci Laurent !) et la Suède (7, merci Per !). Sur les 15 différents pays du mois passé, seule l’Espagne est relativement inhabituelle. Et quand je dis Espagne, ce n’est vrai qu’à moitié, puisque cette bière à été produite à la brasserie basque de Naparbier à Pampelune, en collaboration avec les champions du “client brewing”, les danois d’Evil Twin. Le résultat, soit dit en passant, est une excellente American Pale Ale, une denrée encore fort rare au Royaume d’Espagne.

Revenons sur la Suède et la France qui, en plus de leur présence en nombre, ont fait très fort au niveau qualité !

Chez les Suèdois, ce sont avant tout la Drakens DIPA de Oppigårds ainsi que la Fimbulvinter des toujours excellents Närke qui m’ont le plus convaincu. Mais il ne faudrait pas oublier la S:t Eriks Vårlager, brassée sous contrat chez Slottskällans, ou la Oppigårds Spring Ale 2011.

Et les Français ! Ceux d’entre vous qui, lorsqu’on parle de bière, associent encore la France avec Kronenbourg ou autre Meteor ont probablement le cerveau obturé par des drêches … Et oui, ça bouge et plutôt bien chez nos voisins ! J’en veux pour preuve (entre autres) les excellentes microbrasseries à l’origine du Front Hexagonal de Libièration, ce dernier étant, je cite: “une initiative contre la relative torpeur et le cynisme qui touche le monde brassicole français“. Mais ces fervents partisans du houblon (y en a, mais pas que !) que sont Matten, la Franche, l’Agrivoise, le Paradis, Fleurac, Pleine Lune et Garrigues ne sont pas les seuls à symboliser le renouveau français, en témoigne par exemple la géniale brasserie du Mont Salève à la frontière suisse (dommage pour nous, il manquait peu …). J’ai pu, grâce à Laurent Mousson, déguster 4 nouvelles bières, cette fois encore très convaincantes, de cette étonnante brasserie. La Tourbée, une bière fumée, devançant de peu la Special Bitter et la Sorachi Ace Bitter (stupéfiante de goûts et d’arômes à seulement 2,5% !) dans mes notes. D’autres merveilles encore avec la brasserie de la Pleine Lune et ses “Il était lune fois”, des variations single hop que j’ai pu goûter en Nelson Sauvin (la grande classe !) et Cascade. Et je reviendrai un peu plus tard sur la meilleure bière française du mois, puisqu’elle a atteint le podium.

Les bières suisses du mois passé ont été peut-être globalement un peu moins fringantes qu’à l’accoutumée. La faute en incombe principalement à deux bières qui pointent en fond de classement. Si la qualité, disons modérée, de la Celsius Mécabricot de la brasserie artisanale d’Ayent n’est pas vraiment une surprise, celle encore plus modeste de la Stiär Biär äs Dunkels est par contre fortement décevante de la part d’une brasserie habituée à beaucoup mieux faire.

J’ai pu découvrir deux nouvelles brasseries suisses le mois passé, toutes deux en provenance du canton de Zurich. Talchern Bräu, avec son unique et très convaincante création, nommée de manière très imaginative Original, et Bierzunft Wehntal qui, bien que présentant un potentiel certain, a encore du chemin à faire.

Des excellentes bières suisses il y en a eu, même si elles sont restées en deça du podium. Tout d’abord bien sûr le nouveau millésime à la gloire du légendaire chat béatifié (ou était-ce sanctifié ?) de la BFM, j’ai nommé l’Abbaye de Saint Bon-Chien 2011, qui, fidèle à ses prédécesseurs, fait très fort. Puis le solide Old Harbour Porter de UHB, un autre synonyme pour qualité. Et enfin la très plaisante Bodemünzi, brassée chez Trois Dames (encore une brasserie avec laquelle on peut difficilement se tromper) pour la société ProMurten.

Avant d’aborder le podium, j’aimerais encore vous signaler deux excellentes bières l’ayant manqué de peu. La Burly Gourd (Provisions Series) des californiens de The Bruery est une Sweet Stout boostée à la courge et vieillie sur des copeaux de cèdre. Oui, je sais, ça peut faire un peu peur dit comme cela, mais ne vous inquiétez pas: je vous assure que ça fonctionne très bien! Puis l’Imperial Russian Stout des fameux néerlandais d’Emelisse qui dégage les sinus avec ses 11% d’alcool et ses 75 EBU. Et au cas où vous vous diriez “Waouh, il me faut ces bières !”, vous savez bien sûr où les trouver. Non ? Mais voyons: Erzbierschof  évidemment !

La troisième place revient à Hoppin’ Frog avec sa Barrel Aged Naked Evil BBW (où BBW signifie Belgian-style Barley Wine, rien que ça !). Cette bière, brassée à l’occasion du 5ème anniversaire de la brasserie, a été fermentée avec des levures anglaises et belges et vieillie dans des fûts à whiskey. Alors je ne saurais vous dire si cette bière, qui titre à 11.3%, est vraiment un Barley Wine dans le plus pur style belge (il faudrait d’abord qu’on me l’explique…), mais je peux par contre vous assurer que c’est une beauté complexe et très plaisante !

Pour la seconde place, nous retrouvons la France et la brasserie de la Pleine Lune. Enfin, presque. Ces derniers ont foncé plein nord et s’en sont allés brasser à Blaringhem dans le Nord-Pas-de-Calais à la brasserie du Pays Flamand. De cette collaboration est ressortie une bière presque aussi lumineuse que son nom: Super Nova. Cette India Pale Ale qui titre à 6.2% est une bombe à houblon qui réussi le tour de force d’être équilibrée, complexe, rafraichissante et pleine de caractère. La grande classe !

Si la Westvleteren 12 est une bière de légende, je suis d’avis que l’Oostvleteren 12 Sint Amatus – ma gagnante du mois – le mériterait également. Produite par De Struise, une brasserie belge pour le moins audacieuse et créative, cette bière est une Abt/Quadrupel (ou devrais-je dire Belgian-style Barley Wine ?) qui titre à 10.5% et a été vieillie dans des fûts de bourbon en provenance du Kentucky. Cette bière est un véritable feu d’artifice que l’on pourrait savourer pendant deux heures en y trouvant sans cesse de nouveaux arômes ! Et ne me dites pas que vous ne savez pas où trouver cette merveille …

A votre santé !