Posts Tagged ‘Freiburger Biermanufaktur’

L’arrivée de l’automne et de ses températures plus fraiches a souvent pour effet d’accélérer le rythme de mes dégustations. Il n’en a pas été autrement lors du mois passé puisqu’avec 65 nouvelles bières, j’ai tourné légèrement au-dessus de mes moyennes habituelles.

Parmi les 13 pays représentés, la Suisse a écrasé toute concurrence au niveau du nombre avec presque la moitié des bières (32). Suivent loin derrière la Belgique (6) et les USA (5).

Grâce en grande partie aux Unterländer Biertage (voir aussi mon article précédent), j’ai eu la chance de découvrir 5 nouvelles brasseries suisses. Enfin, la chance … pas toujours. Je ne vais pas revenir sur l’innommable Walliseller Bier et la douteuse Muschtibräu, mais je n’en pense pas moins ! Les 3 autres nouvelles brasseries, par contre, sont réjouissantes, si ce n’est par la créativité, néanmoins par la bonne qualité de leurs produits. Il y a donc eu les Zurichois d’Hardwald et de Brauwerk, ainsi que les Bernois de Brauwerkstatt Jegenstorf.

J’ai également eu le mois passé la confirmation – mais en était-il besoin ? – de l’excellent savoir-faire de brasseries telles Gutknecht’s Hammer-Bier, Storm&Anchor et Brüll!Bier. Je peux donc chaudement vous recommander des bières comme la Ventilator (une doppelbock de Hammer-Bier), la Cascade et la Brown (une IPA respectivement une brown ale made in Storm&Anchor) ainsi que la Nera (une Stout de Brüll!Bier). Le problème restera pour vous de pouvoir mettre la main dessus …

Pour en terminer (ou presque) avec les bières suisses, j’aimerais encore signaler les deux nouvelles bières « fribourgeoises », la Patriote et la Bière des Zähringen. Ces bières, lancées en réponse à la fermeture du lieu de production de Cardinal et la désertion prévue d’une partie de ses fidèles consommateurs, ont le tort de flatter la fibre patriotique et en même temps de n’être pas brassées dans le canton. Et si ce fait n’est aucunement caché lors des interviews donnés dans la presse, les étiquettes, elles, sont totalement muettes sur cet état de fait. Or donc, la Patriote (une bière soit dit en passant fort correcte) est étiquetée « Freiburger Biermanufaktur » (une excellente microbrasserie située en ville de Fribourg), mais est en fait produite chez Felsenau. Il semblerait toutefois que la production devrait être tôt au tard rapatriée à Fribourg. Quant à la Bière des Zähringen, elle restera une bière brassée sous licence, puisque le propriétaire de la marque s’y connait plus en marketing qu’en brassage. Cette bière est brassée chez Egger, un fait que ses caractéristiques – inoffensive et ennuyeuse – confirment sans équivoque … 

Bon, malgré ce que j’ai dit précédemment, je suis bien obligé de parler à nouveau de la Walliseller Bier puisque c’est elle qui remporte la palme de la plus mauvaise bière du mois de septembre. Elle s’impose de manière brillante devançant l’incompréhensible Altes Tramdepot Export (une bière qui a pourtant ses fans) et la Doom Bar des Anglais de Sharp’s, une Bitter d’une modestie forçant la pitié.

Comme d’habitude, j’ai eu une multitude de bières excellentes à me mettre sous la dent (ou plutôt dans le ventre). J’ai cité celles en provenance de Suisse, en voici quelques autres que j’ai adorées:

Mais malgré toutes leurs qualités, celles-ci n’ont pas suffi pour prendre une place sur le podium…. que je me fais un plaisir de vous soumettre pour terminer :

La troisième place revient à la brasserie Cabinet (Alexandria, Virginie, USA) avec sa bière au nom frisant le dépassement du nombre de caractère dans la banque de données : The Farmer’s Cabinet Streaking Around the Campfire at Midnight. Et qui dit Campfire dit bière fumée et pas n’importe laquelle dans ce cas-ci, mais une montrant une grande complexité ainsi qu’une très belle subtilité.

En deuxième position – et c’est une première pour cette brasserie – on trouve l’excellente IPA XL de Gutknecht’s Hammer-Bier. Loin d’y repérer des notes de chien mouillé comme la future sommelière de la bière Anna 😉 , j’ai plutôt découvert une forte présence de houblons fruités et un bel équilibre.

Quant à la victoire du mois, elle revient – et assez nettement – à une brasserie française (une première dans mes bières du mois depuis juin … 1997 !). Et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de l’excellente brasserie le Paradis de la géniale Marjorie Jacobi. C’est donc sa Sylvie Frount’zzz qui l’emporte. Cette double IPA titre à 8.6% et arbore fièrement ses 86 IBU. Elle est très fruitée,complexe,  très sèche et trèèès amère. Que demander de plus ?

cheers !

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For those of you who don’t know it yet, I have to say it again: the little beer world of Switzerland is far from being static ! Do you need a proof ? So take these 8 days from mid-October…

It began with the opening festivity of the new Napf brewery (October 7th to 9th).  Martin Bühler and Ruedi Schütz first started back in 2005, taking over the former Stadhaus Huttwil and founding the Brauerei Napf GmbH. After almost 5 years in Huttwil they decided to go a step further by becoming fully professional and moved their brewery to Walterswil, in a 4-floor building formerly used by the retailer Landi.

Walterswil is a little village located in the rural north-east part of the canton of Bern and about 10 kilometers away from Huttwil. No need to say I had to switch-on my GPS to find it … I had unfortunately not much time on my hands the first evening, but it has been just enough to taste a pretty interesting Walterswiler Zwickel, to exchange words with people like Öufi-Chef Alex Künzle or UHB brewer Ueli Bösiger, as well to visit the pretty nice new brewery’s installations.

During the 18 months needed for the brewery’s move (yes, people from Bern are reputed to be very slow …) the about 1’000 hectoliters production have been brewed at Felsenau. Napf offers a line-up of 6 beers based on the German tradition: the Napfgold, a pale lager I personally enjoyed but which may present to much diacetyl if you are unlucky; the previously mentioned Walterswiler Zwickel; a decent Dunkel but in which the evil diacetyl tends also to be too present; the nice Füürwehrbräu, a smoked beer; the unconvincing (at least the last time I got it) and hoppy Doppelbock Müeti’s Hopfebock and finally the top-fermented Schwarze Spinne, a Schwarzbier brewed partially with maize.

I’m sure Ruedi and Martin have enough potential to stabilize their beers, increase their production and offer more creations in the future. Good luck guys !

On the same day came an announcement for a new beer magazine: biergenuss. This magazine, written in German, will be released quarterly. It will contain interviews, presentation of breweries, results from tasting, reviews of books, news, ideas for cooking with beer and much more.

A very welcomed idea which should close a deep gap leaved partially by the discontinued and very uneven “Courrier de l’Orge” from the Association des Buveurs d’Orge. Here also, all my wishes of success go to editor-in-chief and publisher Reto Rudolf.

And then, one week later on October 14th, a little event took place in Crissier (a municipality located west of Lausanne) in front of the beer shop Au Grain d’Orge in honour of the publication of the first brewery guide of the French-speaking part of Switzerland (“Brasseries artisanales de Suisse romande“). The first ? Regular visitors of my Switzerland Beer Guide may disagree, so let me say the first in hardcopy form 😉

Six breweries were present at this festivity, (almost) one from each canton of Romandy: les Murailles (Genève), Bière Buse (Vaud), l’Enclave and Freiburger Biermanufaktur (Fribourg), Bières de Neuch (Neuchâtel) and BFM (Jura). Incontestably a selection of very good breweries ! This has resulted in an interesting and pleasant evening which even the deadly cold temperature has not been able to spoil.

Finally, some words about the guide: it is a very informative and well-designed book from which, unfortunately to my mind, every comments and reviews are deliberately absent. And in the present-days, chances are high that this guide could be very soon out-of-date, so I hope the editor is willing to publish future updates !

Parmi les 76 bières dégustées lors du mois qui vient de s’écouler, la Suisse a repris la main, si ce n’est au niveau du podium, du moins au nombre de bières par pays. Ce sont en effet 29 nouvelles bières made in Switzerland qui sont tombées dans mon escarcelle. Et parmi celles-ci, comme à l’accoutumée, du très bon, du bon et du … un petit peu de moins bon.

Voyons ceci de plus près et dans le désordre:
Tout d’abord, j’ai découvert pas moins de 4 nouvelles brasseries le mois dernier.

  • Hasebärgbraui (Udligenswil, canton de Lucerne), chez qui j’ai commandé 3 bières via la page internet, présente des produits correctement faits, mais qui sont toutefois fort difficiles à identifier et à placer dans un style. Je ne suis certes pas un taliban des styles de bières (mes ratings tiennent très peu compte du fait qu’une bière corresponde à un style ou pas), mais il est quand même pas mal de savoir où l’on va.
  • La toute nouvelle brasserie fribourgeoise (non, ils n’ont pas repris les locaux de Cardinal …): la Brasserie du Chauve. Le brasseur, qui doit maintenant définitivement oublier l’option des implants capillaires, a vécu plusieurs années en Nouvelle-Zélande, d’où il est revenu avec un amour pour le houblon et les ales anglo-saxonnes. De bonnes bières (stout et black IPA entre autres) à essayer absolument. A noter que la ville de Fribourg à maintenant 3 brasseries présentant une belle complémentarité: les “anciens” de la BAF (brasserie artisanale de Fribourg), la Freiburger Biermanufaktur (très orientée Reinheitsgebot) et maintenant donc la Brasserie du Chauve.
  • Ce sont carrément 6 bières qu’offrent les Bernois de Mein Emmental (Konolfigen). Ici aussi, les styles ne sont pas forcément facile à cerner, mais en fait c’est plutôt un compliment quand on parle d’une brasserie suisse-allemande ;-). Du bon et du moins bon, mais l’enthousiasme et le potentiel sont là (et pas seulement à cause de leur excellente page internet). Ne manquez pas la Äs Fyschter’s, une stout fort bien faite.
  • Puis finalement (et enfin, car ça faisait un moment que je cherchais leurs bières), Storm&Anchor de Winterthur. Cette brasserie, qui n’est, il faut le préciser, pas (encore) commerciale et donc pas enregistrée à l’Administration Fédérale des Douanes, offrent des bières de types anglo-américains. Celles-ci ont un fort potentiel mais sont, pour certaines d’entre-elles en tous cas,  présentées trop jeunes. La Kodiak, un barley wine titrant à 11%, m’a fait forte impression.

A noter ensuite 4 nouvelles excellentes bières de Gutknecht’s Hammer-Bier, une brasserie qui évolue certes dans la zone d’attraction gravitationnelle du trou noir des styles germaniques, mais alors à un haut niveau ! Mention spéciale ici à leur Märzen-Bier.

De l’autre côté de l’espace-temps, on trouve la nouvelle plaisanterie de Feldschlösschen, l’Amber, mûrie sur bois de chêne. Oui, oui: sur bois de chêne. Vous ne pensiez tout de même pas qu’ils allaient employer des fûts, non ?

Retournons encore une fois la table pour finir par 3 superbes bières suisses:

Quittons maintenant la Suisse. Au chapitre flop du mois, c’est sans contestation possible la brasserie espagnole Masia Agullons qui l’emporte. Sa Pura Pale montrait des notes évidentes de DMS et sa Dalmoru était asphyxiée sous une tonne de coriandre. Fort décevant, considérant surtout la bonne, voire très bonne tenue de route des autres bières de cette brasserie, notamment la Setembre.

Avant de m’attaquer au podium du mois, j’aimerais encore citer 2 excellentes bières (afin que vous ne les manquiez pas lors de votre prochain passage au bar Erzbierschof ;-)): la Tres Blueberry Stout des américains de Dark Horse et la Bitch Please des as du marketing écossais Brewdog (brassée en collaboration avec la fabuleuse brasserie de l’Indiana, Three Floyds).

Or donc, le podium. La 3ème place revient à une bière relativement classique et qui m’a échappé pendant fort longtemps: la Kriek Mariage Parfait de la brasserie Boon. Peu de choses à en dire, si ce n’est qu’il s’agit d’un excellent lambic, comme la plupart des bières qu’ils brassent. La 2ème place revient à la Sea Bass de la fantastique brasserie Cigar City. Une sour ale complexe qui a également été ma 7000 ème bière dégustée (voir aussi ici).

C’est une bière italienne qui s’impose ce mois-ci et elle provient d’une brasserie qui m’était inconnue jusqu’alors: la LoverBeer BeerBera. Le brasseur, Valter Loverier, brasseur amateur de longue date, à récemment franchi le pas du professionnalisme. Ce brasseur jouit d’une très grande réputation parmi ses pairs et je comprends parfaitement pourquoi après avoir goûté quelques-unes de ses créations. La bière en question mériterait une rubrique à elle seule. Il s’agit d’une sorte d’hybridation issue d’un croisement entre le monde de la bière et celui du vin: en effet, aucune levure à bière n’est utilisée et la fermentation s’effectue, lentement, à partir de levures sauvages contenues dans du moût de barbera qui est rajouté à la bière de départ. Le tout est complété d’une maturation en fûts de chêne (non, on n’est pas chez Feldschlösschen ici …). Le résultat est tout simplement superbe !